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lundi 11 juin 2012

Interview : « Législatives 2012 : Les débuts du Parti Pirate »

Martin Bartoletti voulait réaliser une interview « sortie des urnes » pour ma candidature à l'élection législative de juin 2012[1]. Voici ce que ça donne, avec le croisement des résultats.

Le Parti Pirate attendait ce jour avec impatience. Le premier tour des élections législatives du 10 juin devait servir de révélateur et permettre à cette jeune formation de se situer sur l’échiquier politique national. Avec un budget et une visibilité réduite, l’exercice semblait compliqué.

@article{Clauzel:2012:Legislatives-2012-Les-debuts-du-Parti-Pirate,
        title = "Législatives 2012 : Les débuts du Parti Pirate",
        journal = {Les flibustiers de l'Actu},
        year = "2012",
        month = jun,
        day = 11,
        url = {https://damien.clauzel.eu/post/2012/06/11/Interview-:-«-Législatives-2012-:-Les-débuts-du-Parti-Pirate-»},
        url = {http://www.flibustiers-actu.fr/2012/06/legislatives-2012-les-debuts-du-parti-pirate/},
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        author = "Clauzel, Damien and Bartoletti, Martin",
        keywords = "article, Lyon, Parti Pirate, presse, élection, législative, résultat, interview",
        language = {french},
        abstract = "Le Parti Pirate attendait ce jour avec impatience. Le premier tour des élections législatives du 10 juin devait servir de révélateur et permettre à cette jeune formation de se situer sur l’échiquier politique national. Avec un budget et une visibilité réduite, l’exercice semblait compliqué.",
}

Note

[1] Je reviendrais dessus plus tard, à froid… et quand j'aurais le temps :)

lundi 4 juin 2012

Interview radio pour Lyon Capitale : "ACTA est mort. Comment l’évacuer proprement ?"

Dans mes activités pour le développement de l'innovation à Lyon, Je croise régulièrement Florent Deligia (le « monsieur numérique de la presse lyonnaise »). il faut dire aussi que ce sont souvent les mêmes têtes qui reviennent quand il s'agit de travailler sur des projets technologiques.

Nous avons donc fait le point sur des sujets d'actualité : les données ouvertes, le Parti Pirate — national et local —, les élections législatives, municipales et européennes, et ACTA. Le résultat est une longue interview audio où j'espère ne pas avoir dit trop de bêtises[1].

Vous êtes tous geek reçoit Damien Clauzel, membre du Parti pirate, candidat aux élections législatives dans la 6e circonscription du Rhône. Au micro de Lyon Capitale, il nous explique la démarche du Parti pirate tout en détaillant le programme de ce mouvement relativement jeune. Difficultés de concilier les diverses personnalités aux seins du Parti pirate, ambitions pour les prochaines élections municipales de Lyon, ACTA ou bien encore Open Data, Damien Clauzel aborde avec nous les sujets du moment. Un entretien à écouter et/ou à télécharger.

@article{Clauzel:2012:Damien-Clauzel-du-Parti-pirate-ACTA-est-mort-Comment-l-evacuer-proprement,
  title = {Damien Clauzel du Parti pirate : "ACTA est mort. Comment l’évacuer proprement ?"},
  journal = {Lyon Capitale},
  year = {2012},
  month = jun,
  day = 4,
  url = {http://www.lyoncapitale.fr/Journal/univers/Guide/High-tech-Web-Jeux-Video/Damien-Clauzel-du-Parti-pirate-ACTA-est-mort.-Comment-l-evacuer-proprement},
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  author = {Clauzel, Damien and Deligia, Florent},
  keywords = {article, ACTA, Lyon, Lyon Capitale, élection, législative, municipale, européenne, données ouvertes, OpenData69, Parti Pirate, politique, presse, Villeurbanne},
  language = {french},
  abstract = {Vous êtes tous geek reçoit Damien Clauzel, membre du Parti pirate, candidat aux élections législatives dans la 6e circonscription du Rhône. Au micro de Lyon Capitale, il nous explique la démarche du Parti pirate tout en détaillant le programme de ce mouvement relativement jeune. Difficultés de concilier les diverses personnalités aux seins du Parti pirate, ambitions pour les prochaines élections municipales de Lyon, ACTA ou bien encore Open Data, Damien Clauzel aborde avec nous les sujets du moment. Un entretien à écouter et/ou à télécharger.}
}

Note

[1] En fait, je sais avoir fait un lapsus; saurez-vous le découvrir ? :)

lundi 28 mai 2012

Interview pour la Tribune de Lyon : Élections législatives. Damien Clauzel : "Avec cette élection, le Parti Pirate fait son coming-out politique"

Jérémy Chauche m'a interpellé sur Twitter pour me demander de lui parler du Parti Pirate Rhône-Alpes dans cette élections législatives à Lyon. Voici le résultat.

Pour la première fois en France le Parti Pirate, fondé en 2008, présentera une centaine de candidats aux élections législatives dont huit dans le Rhône. Damien Clauzel est l'un d'entre eux. Ce chercheur en informatique de 34 ans se présentera dans la 6e circonscription du Rhône (Villeurbanne). Il revient sur les raisons qui l'ont poussées à se présenter aux législatives et sur les thématiques qu'il espère faire émerger...

Pour la première fois en France, le Parti Pirate présente des candidats aux législatives car nous sommes de plus en plus à ne pas se sentir représentés par nos hommes et femmes politiques. Je constate notamment que sur les pratiques liées au numérique, il y a une grande méconnaissance de la part de nos politiques. Avec cette centaine de candidatures en France, le Parti Pirate veut mettre le pied dans la porte pour faire émerger toutes les thématiques liées au partage et à la libération des données et plus globalement à la propriété intellectuelle. La plupart de nos candidats viennent du monde l'informatique, des sciences et du logiciel libre mais petit à petit d'autres personnes s'intéressent à nos idées. On est un peu comme les Verts dans les années 80, on construit notre projet de société petit à petit. Après, je suis réaliste et je sais très bien que nous avons aucune chance d'avoir ne serait-ce qu'un seul élu à l'Assemblée Nationale. Nous voulons gagner en visibilité et pourquoi pas obtenir des subventions si au moins 50 de nos candidats dépassent 1 %. En bref, avec cette élection, le Parti Pirate fait son coming-out politique. Notre objectif à moyen terme reste les élections européennes car c'est à Strasbourg que se décident les lois cadres qui sont ensuite déclinées au niveau national.

Bonus : sur la photo qui illustre l'article, les fans auront bien sur reconnu le t-shirt « Cat Power Alchemy » de Maliki ;)

Untitled
@article{Clauzel:2012:elections-legislatives-Damien-Clauzel,
  title = {Élections législatives. Damien Clauzel : "Avec cette élection, le Parti Pirate fait son coming-out politique"},
  journal = {Tribune de Lyon},
  year = {2012},
  month = may,
  day = 28,
  url = {https://Damien.Clauzel.eu/post/2012/05/28/Interview-pour-la-Tribune-de-Lyon-:-Élections-législatives.-Damien-Clauzel-:-Avec-cette-élection,-le-Parti-Pirate-fait-son-coming-out-politique},
  url = {https://Damien.Clauzel.eu/Publications/Documents/Politique/Tribune de Lyon, 28-05-2012, Élections législatives, Damien Clauzel.pdf},
  url = {http://www.tribunedelyon.fr/index.php?la-ville-bouge/politique/33559-elections-legislatives-damien-clauzel-:-avec-cette-election-le-parti-pirate-fait-son-coming-out-politique-},
  author = {Clauzel, Damien and Chauche, Jérémy},
  keywords = {article, Lyon, Parti Pirate, politique, presse, interview, élection, législative, Rhône, Villeurbanne, financement},
  language = {french},
  abstract = {Pour la première fois en France le Parti Pirate, fondé en 2008, présentera une centaine de candidats aux élections législatives dont huit dans le Rhône. Damien Clauzel est l'un d'entre eux. Ce chercheur en informatique de 34 ans se présentera dans la 6e circonscription du Rhône (Villeurbanne). Il revient sur les raisons qui l'ont poussées à se présenter aux législatives et sur les thématiques qu'il espère faire émerger...}
}

mardi 15 mai 2012

Interview pour la radio RCF Lyon Fourvière, Journal local, Émission du 15/05/2012

Me mettant en retard à mon cours (mais pour la bonne cause), Mathieu RUIZ BARRAUD m'a posé quelques questions sur le Parti Pirate Rhône-Alpes, les candidatures que nous présentons à Lyon, et quelles sont nos propositions.

Le résultat est un passage à RCF Lyon Fourvière, dans le Journal local, émission du 15 mai 2012, de 5min 33s à 6min 57s. Nous avons enregistré le 14 mai 2012, pour l'émission du 15 mai 2012.

@article{Clauzel:2012:Damien-Clauzel-parle-du-Parti-Pirate-aux-elections-legislatives-de-juin-2012,
   title = {Journal local},
   year = {2012},
   month = may,
   day = 15, 
   url = {https://damien.clauzel.eu/post/2012/05/15/Interview-pour-la-radio-RCF-Lyon-Fourvière,-Journal-local,-Émission-du-15/05/2012},
   url = {https://damien.clauzel.eu/Publications/Documents/Politique/E%cc%81mission%20du%2015%20mai%202012,%20Damien%20Clauzel%20parle%20du%20Parti%20Pirate%20aux%20e%cc%81lections%20le%cc%81gislatives%20de%20juin%202012.m4a},
   author = {Clauzel, Damien},
   publisher = {RCF Lyon Fourvière},
   keywords = {interview, législatives, Parti Pirate, radio, RCF, élection},
   language = {french},
   abstract = {Damien Clauzel parle du Parti Pirate aux élections législatives de juin 2012},
}

lundi 14 mai 2012

Interview pour le magazine Capital : « Les 50 Lyonnais qui font parler d'eux : Damien Clauzel »

2012-05, Capital, n°248 Spécial Lyon, page 150, Les 50 Lyonnais qui font parler d'eux

En mars, j'ai accordé une interview au magazine Capital qui est paru en mai. L'idée pour le magazine est de présenter des acteurs qui « font » Lyon, sur la même approche que l’interview pour Acteurs de l’économie.

L'article présente brièvement des sujets défendus par le Parti Pirate Rhône-Alpes — portés ensuite par le Parti Pirate Lyon — , et de mes activités : recherche, enseignement et entrepreneuriat.

Damien Clauzel, 33 ans, président du Parti pirate

La comparaison avec les verts des années 1980 lui va bien : « Au début, ils ne parlaient que d’écologie, puis ils ont gagné en compétence pour proposer un projet de société. C’est ce à quoi nous aspirons. » Pour Damien Clauzel, le Parti pirate — un mouvement venu de Suède — n’est pas qu’un groupe de geeks hostiles à la loi Hadopi. La lutte contre les caméras de surveillance ou l’accès effectif aux données publiques, pour que « les citoyens s’approprient mieux la vie politique », sont aussi dans le programme que défendront « trois ou quatre » en Rhône-Alpes. Ce prof d’informatique, voyageur et touche-à-tout, enfile ses autres casquettes avec le même enthousiasme : il fait du conseil en entreprises et vient de monter sa propre structure de R & D.

Par contre, précision :

  • mon entreprise Galère n'est pas encore en place. Mais je travaille sur ce projet ;
  • je suis également (et surtout) chercheur en informatique ;
  • je ne suis pas « président du Parti pirate » mais fondateur du Parti Pirate Rhône-Alpes et je développe actuellement le Parti Pirate Lyon ;
  • à mon poignet, ce n'est pas une Rolex mais une Seiko Arctura kinetic 5M42-0E39, offerte pour mes 20 ans. J'ai encore 16 ans pour réussir ma vie ;)

Lire l’interview archivée.

@article{Clauzel:2012:Les-50-Lyonnais-qui-font-parler-d-eux,
   title = "Les 50 Lyonnais qui font parler d'eux : Damien Clauzel",
   journal = "Capital",
   year = "2012",
   month = may,
   volume = "248",
   pages = {150},
   url = {https://Damien.Clauzel.eu/post/2012/05/14/Interview-pour-le-magazine-Capital-:-«-Les-50-Lyonnais-qui-font-parler-d-eux-:-Damien-Clauzel-»},
   url = {https://Damien.Clauzel.eu/Publications/Documents/Politique/2012-05, Capital, n°248 Spécial Lyon, page 150, Les 50 Lyonnais qui font parler d’eux. jp2},
   url = {http://www.capital.fr/enquetes/hommes-et-affaires/les-50-lyonnais-qui-font-parler-d-eux-en-bien-ou-pas-746881/%28offset%29/2},
   author = "Clauzel, Damien and Capital",
   keywords = "article, Lyon, Capital, Parti Pirate, politique, presse, interview",
   language = {french},
   abstract = "Damien Clauzel, 33 ans, président du Parti Pirate",
}

vendredi 16 mars 2012

Participation au Printemps de l'entreprise

J'ai été invité à intervenir durant la 8e édition du Printemps de l'entreprise à Vannes. 200 organisateurs sur 6 mois (étudiants, chefs d'entreprise, enseignants)

Participants : surtout des étudiants, quelques enseignants et une pincée d'industriels. Fait intéressant : plusieurs enseignants étaient aussi des élus locaux.

Interventions

Conférence plénière : Des données ouvertes pour l'agglomération

Les principales questions et remarques ont porté sur l'impact des données ouvertes sur la société et l'entreprise : la visibilité de ce qui était auparavant dans l'ombre (mais accessible) inquiète parfois. Exemple : publication sur internet des évaluations des enseignants par les élèves, et moyennes des promotions. Problème d'image publique de l'université dans le cadre de l'autonomie des universités (contrainte d'attractivité vis à vis des étudiants).

Une autre remarque intéressante à concerné la notion de vie privée telle qu'elle existe auprès des adolescent actuels (partage massif au sein de petites communautés fermées); comment ces jeunes travailleurs pourront être intégrés demain en entreprise, où les pratiques actuelles sont complètement différentes.

@misc{Clauzel:2012:Donnees-ouvertes-pour-agglomeration,
        title = "Des données ouvertes pour l’agglomération",
        year = "2012",
        month = mar,
        day = 16,
        url = {https://damien.clauzel.eu/post/2012/03/16/Participation-au-Printemps-de-l-entreprise},
        author = "Clauzel, Damien",
        keywords = "données ouvertes, Parti Pirate, Vannes, OpenData69",
        language = {french},
        abstract = "Introduction à discussion sur les données ouvertes locales. Présentation du domaine, de l'environnement local, des réalisations attendues",
}

Atelier : approfondissement par le concret des données ouvertes pour l'agglomération

J'ai ensuite animé un atelier portant sur le même thème, qui nous a permis d'approfondir les questions concrètes sur la mise en place des données ouvertes, avec principalement un angle social (perception réflexive des citoyens, changement de mentalité à apporter, culture de l'acceptation de l'échec, etc).

Avec un élu et des étudiants, nous avons explorer l'impact que pourrait avoir la mise en place des données ouvertes à Vannes, ainsi que dans la vie universitaire.

Le déplacement

Accueil très chaleureux des étudiants du département informatique de l'IUT de Vannes, avec accompagnement poussé. Un vrai bonheur de se faire ainsi prendre en charge après 7 heures de train.

Actuellement, le TGV 1e classe  c'est :

  • comme toujours, je suis le plus jeune et le seul en t-shirt (geek, en plus)
  • pas de prise de courant dans ce Lyon-Paris ! Vraiment très casse-pied, je suis obligé de tirer sur la batterie du portable. Ou de migrer vers le bar surchargé, car lui a des prises de courant
  • curieusement, le train est plein à craquer alors qu'on est dans le gras d'une semaine creuse. Beaucoup trop de personnes qui lisent un document identique, avec une bannière DRAFT, pour que ça soit une coïncidence ;)

Bonus

Par mégarde, je crois que j'ai provoqué la création de la 1e cellule locale en Bretagne du Parti Pirate. Même pas honte :)

Aussi, une excellente vidéo réalisée par les étudiants du DUT informatique de l'IUT de Vannes, à la façon Bref, sur la vie d'un étudiant.

lundi 20 février 2012

Interview pour Martin Bartoletti

Toujours suite au rassemblement contre ACTA à Lyon du samedi 11 février 2012, un nouvel article de presse apparaît. Il semblerait que j’ai donné plus d’interviews que je m’en souvienne :)

@article{Clauzel:2012:Le-Parti-Pirate-accoste-en-France,
	title = "Le Parti Pirate accoste en France",
	journal = {Les flibustiers de l'Actu},
	year = "2012",
	month = feb,
	day = 19,
	url = {https://damien.clauzel.eu/post/2012/02/20/Interview-pour-Martin-Bartoletti},
	author = "Clauzel, Damien and Bartoletti, Martin",
	keywords = "article, Lyon, Parti Pirate, ACTA, presse, manifestation",
	language = {french},
	abstract = "Flibustier : n.m Aventurier de l’une des associations de pirates qui, du 16ème au 18ème écumaient les côtes espagnoles en Amérique. (Je vous passe le mot « dévastaient » qui, présent dans la définition du Petit Robert nous desservirait légèrement). Comme vous pouvez le constater, flibustiers et pirates sont très proches. Il était donc impensable de ne pas consacrer quelques lignes à l’avènement de ce nouveau parti qu’est le Parti Pirate. Ne serait-ce pas rogner une part de nous-même ? Selon le dictionnaire en tout cas.",
}

lundi 13 février 2012

Interview sur ACTA

Le samedi 11 février 2012, je participais au rassemblement contre ACTA à Lyon.

J’ai donné plusieurs interviews à différents média à propos des dangers que représente ACTA, notamment :

  • Fouille des bagages par les agents des ayants-droit à la frontière, sur simple présomption de possession de copies d’œuvres sous copyright (art. 14 & 17)
  • Destruction des médicaments génériques à la frontière (art. 16 & 17)
  • Les fournisseurs d’accès à Internet seront « encouragés » à espionner tout ce que l’on fait sur internet (art. 27, alinéas 3 & 4)
  • Être traité comme un trafiquant de drogue, et sanctionné plus sévèrement qu’un violeur, pour avoir transporté une copie d’un film téléchargé (art. 24)
  • Le tout sous la coordination de comités réunissant États et ayants-droit qui auront le pouvoir de modifier le traité après coup : on leur signe une feuille blanche (art. 28, 36 & 42)

On va voir dans les prochain jours ce que ça donne, mais on peut déjà découvrir cette splendide interview réalisée par Andy Chiabrando.

@article{Clauzel:2012:Manifestation-anti-ACTA-a-Lyon-et-explications-de-Damien-CLAUZEL,
  title = {Manifestation anti-ACTA à Lyon et explications de Damien CLAUZEL},
  year = {2012},
  month = feb,
  day = 11,
  url = {https://damien.clauzel.eu/post/2012/02/13/Interview-sur-ACTA},
  author = {Clauzel, Damien and Chiabrando, Andy},
  keywords = {vidéo, Lyon, Parti Pirate, ACTA, presse, Rhône-Alpes, Anonymous, manifestation},
  language = {french},
  abstract = {Manifestation contre le traité ACTA du 11 février 2012 à Lyon et explications de Damien CLAUZEL, membre du Parti Pirate Rhône-Alpes dans la 6e circonscription du Rhône}
}

mercredi 25 janvier 2012

Interview pour Radio ISCPA : L'invité du 25

Radio ISCPA, la webradio des étudiants en troisième année de l'ISCPA Lyon en journalisme et communication m'a demandé de faire une courte intervention sur l'actualité; à savoir Anonymous, MegaUpload et HADOPI.

Anaïs Vendel reçoit Damien Clauzel, représentant du Parti Pirate dans le Rhône pour évoquer la guerre du Web et la politique numérique actuelle.

@article{Clauzel:2012:L-invite-du-25,
  title = {L’invité du 25},
  journal = {Radio ISCPA},
  year = {2012},
  month = jan,
  day = 25,
  url = {https://Damien.Clauzel.eu/post/2012/01/25/Interview-pour-Radio-ISCPA-:-L-invité-du-25},
  author = {Vendel, Anaïs and Clauzel, Damien},
  keywords = {article, culture, Lyon, ISCPA, partage, Parti Pirate, politique, radio, presse, MegaUpload, Anonymous, vie privée},
  language = {french},
  abstract = {Anaïs Vendel reçoit Damien Clauzel, représentant du Parti Pirate dans le Rhône pour évoquer la guerre du Web et la politique numérique actuelle.}
}

mercredi 14 décembre 2011

Participation au forum 2011 des Interconnectés

Dans le cadre de mes activités politiques (Parti Pirate Rhône-Alpes et OpenData69) à Lyon, j'étais invité à intervenir au forum 2011 des Interconnectés.

Les exposants du salon :

  • des PME inconnues, qui proposent des clones d’outils existant déjà, avec une grosse surcouche de mercatique
  • ALDIL, présente car invitée chaque année par des relations « pour apporter un contre-point »
  • quelques grands institutionnels (régions)
  • des grands groupes industriels (CISCO, VMware, Orange…)

Les Interconnectés 2011

Atelier : Le pari de l'open-data: pourquoi ouvrir mes données ?

Animateur : M. Charles Nepote, la FING

Intervenants:

  • M. Frédéric Théodore, Communauté urbaine de Bordeaux
  • M. Romain Lacombe, ETALAB
  • Mme Claire Gallon, Directrice LiberTIC
  • Mme Karine Feige, Directrice du projet SITRA
  • M. Jean-Marie Bourgogne, Ville de Montpellier
  • M. Damien Clauzel, Parti Pirate Rhône-Alpes
  • Mme Bernadette Kessler, ville de Rennes
  • M. Mickaël Douchin, Gestionnaire de projet, entreprise réutilisatrice 3liz

J'étais invité à intervenir dans cet atelier sur les données ouvertes aux côtés d'élus, de groupement de citoyen et d'entrepreneur. Nous avons partagé notre expérience sur la mise en place et le travail avec les données ouvertes dans nos communes et agglomérations respectives.

Participants et public

  • Âge moyen d’un peu plus de 40 ans, avec un écart-type pas trop grand.
  • Surtout des hommes en costumes légers. Je crois bien être le seul participant en t-shirt, ou à avoir les cheveux longs.
  • Surtout des institutionnels et des représentants locaux de grands groupes dans les télécoms et l’informatique. Quasiment pas d’élus.
  • Les gens qui portent les plus beaux costumes sont sagement assis au premier rang, à porté des caméras de retransmission :)
  • La présence du Parti Pirate surprend mais est tout à fait comprise. Les gens ont presque tous une vague idée de qui nous sommes et de ce que nous faisons.
  • Très (trop) peu de personnes capable de répondre aux interrogations techniques concrètes (interconnexion des SI' etc)
  • Une pincée de SS2L, mais militantes
  • Quelques personnes techniques, qui semblent surtout accompagner les « responsables » ayant pouvoir de décision

Ma contribution au débat a porté sur le travail de sensibilisation que nous effectuons au PPRA, ainsi que la promotion du collectif naissant OpenData69.

Il en est ressorti que chaque situation locale présentée était fortement différente des autres de part la taille, la nature des données disponibles, les besoins des administrations et les attentes des citoyens.

Les institutionnels ont compris qu’il se passe quelque chose au niveau de l’innovation, que quelque chose nommé « données ouvertes » est mis en avant (sans comprendre précisément de quoi il s’agit) et qu’il faut s’y intéresser maintenant sous peine d’être largué.

Les institutions (collectivités, administrations) recherchent des interlocuteurs pour les guider sur les données ouvertes. Pas de compétence en interne, pas de référent étatique. Du coup, elles se copient les unes sur les autres pour cloner des initiatives ; problème : les terrains varient grandement et donc les initiatives ne prennent pas sans que les gens en comprennent la raison. Il y a donc un besoin de réflexion au niveau supérieur (via des chercheurs et des experts)

Les institutionnels sont bien souvent dépassés : ils viennent juste d’intégrer les pratique de la numérisation des données, et on leur demande de « tout casser pour faire des données ouvertes ». Ils manquent grandement de compétences informatique et ingénierie en interne. Ils sont très peu intéressés pour renforcer leurs effectifs à ce niveau car ils considèrent que ce n’est pas leur mission de « faire de l’informatique ».

Des gens parlent encore du « numérique » comme s’il s’agissait d’un domaine à part. Problème : notre société repose désormais sur internet, et est donc de facto numérique.

En réponse aux beaux discours des groupes industriels, les défenseurs du libre interrogent sur les conditions d’accès et de réutilisation aux données. Bottage en touche gêné, il est sous-entendu que les grands industriels préfèrent vendre les données publiques qu’ils produisent (WTF ?).

La dimension des données ouvertes qui revient le plus souvent est celle de la cartographie avec les SIG. OpenStreetMap apparaît comme la base standard pour construire des outils de présentation des données géolocalisées.

On repère très aisément deux catégories de participants : ceux qui savent ce qu’ils disent quand ils évoquent les données ouvertes car ils ont mis les mains dedans, et les gestionnaires qui parlent de « projets » et de « volonté » sans vraiment savoir ce que ça implique sur le terrain derrière.

Il n’y a pas de cadre général des données ouvertes en France : chaque terrain est différent : origine du projet, acteurs moteurs, communauté des utilisateurs et des réutilisateurs, etc.

Conférence plénière : Repenser le politique à l'heure du numérique: vers un gain démocratique ?

J'étais également invité à participer à la session plénière sur le thème « Repenser le politique à l'heure du numérique: vers un gain démocratique ? » aux côtés de plusieurs élus. De part la composition du panel, c'était LA session potentiellement la plus intéressante de la conférence, mais aussi la plus agitée[1].

Animateur : M. Patrice Carré, France Télécom Orange

Intervenants :

  • M. Dominique Cardon, sociologue et chercheur
  • M. Fabrice Dalongeville, vice-président de l'AMRF et maire d'Auger-Saint-Vincent
  • M. Daniel Nouaille, président de la Communauté de Communes du Val de Vienne
  • M. Benjamin Lancar, conseiller régional d'Ile-de-France
  • Mme Pascale Luciani-Boyer, maire-adjointe de Saint-Maur-des-Fossés et vice-présidente de l'association des maires d' Ile-de-France
  • M. Damien Clauzel, Parti Pirate Rhône-Alpes

L'idée était de discuter sur l'impact d'internet sur les pratiques démocratiques en France (prise de décision, retour des citoyens, etc.)

J'ai été très agréablement surpris par les positions de Benjamin Lancar[2], qui allait à l'encontre de celles défendues par les autres membres de son parti UMP. Il a fait un très joli plaidoyer en faveur de l'ouverture du travail des élus en direction des citoyens, et sur l'importance de la transparence et de l'application des prises de décision sur les sujets sensibles tels que l'attribution des logements sociaux. Sa proposition d'associer les citoyens aux commissions d'études des demandes est une idée que pourrait totalement défendre le Parti Pirate.

Ma principale contribution a été d'exposer la problématique de l'augmentation de l'envie de démocratie participative exprimée par les citoyens au travers d'internet.

Évolution de la pratique démocratique en France

Il y a un siècle de cela, le temps politique et la représentation du peuple n'était pas les mêmes qu'aujourd'hui. Les gens choisissaient un lettré — au sens premier du terme, car peu de gens savaient lire et écrire —et l'envoyaient à Paris pour les représenter. Le voyage était long (parfois plus d'une semaine) et les correspondances épistolaires rendaient les discussions assez longues.

Avance rapide en 2011. L'analphabétisme a presque disparu de France, les déplacements sont aisés et les communications instantanées. Les personnes échangent massivement sur les réseaux sociaux, commentent l'actualité et expriment leurs opinions. Tout naturellement, les critiques (bonnes ou mauvaises) de leurs élus font parti des sujets abordés.

La suite logique est pour les citoyens d'interpeller leurs élus au travers de ces outils informatiques. Là où avant les secrétariats et les portes fermées des bureaux isolaient les élus, ils se retrouvent désormais beaucoup plus proches des citoyens. Voire même trop proche d'après certains élus… Le reproche qu'ils font est de se sentir scrutés par les citoyens qu'ils représentent, l'un parle même « d'invitation forcée dans mon bureau pour regarder par dessus mon épaule ».

En exprimant un désir fort de s'impliquer dans la prise de décisions politiques, et d'une façon plus large d'avoir un impact sur leur vie quotidienne, les citoyens se réapproprient des sujets qu'ils avaient délaissés; ou même jamais abordé.

La démocratie liquide

J'introduis ensuite la notion de démocratie liquide, concept simple à comprendre. Il s'agit d'une technique de vote qui correspond aux caractéristiques suivantes :

  • délégation transitive des voix : un votant peut confier tout ou une partie des voix dont il est dépositaire à une ou plusieurs autres votants. Un votant à qui on confie des voix peut les exprimer ou les confier à un autre votant
  • contrôle des voix : à chaque instant, un votant peut savoir qui est détenteur de sa voix, et la récupérer s'il le souhaite. Il peut alors la confier de nouveau à un votant, ou la conserver pour l'exprimer
  • le vote se déroule durant une période déterminée, à l'issue de laquelle les voix sont figées et leurs détenteurs les expriment.

Le résultat est un système fluide où les voix circulent et s'accumulent après des personnes estimées les plus compétences ou représentatives parmi les votants. Les différentes méthodes habituelles de calculs peuvent être utilisées pour départager les choix : majorité absolue ou relative, méthode de Condorcet, proportionnelle, etc. La démocratie liquide est une technique de vote et non pas une méthode de calcul des voix.

La remise en question de la place de l'élu

La question que je pose au final est de déterminer quels sont désormais les places et rôles des élus dans une société où les citoyens leur reprennent une partie des responsabilités qu'ils leurs ont confié.

Le résultat fut épique : applaudissements de l'audience et outrage des élus du panel (surtout UMP, Lancar excepté car il se pose des questions similaires). Les réponses des élus ont fusé spontanément et dans le désordre. J'ai relevé entre autre :

  • Pascale Luciani-Boyer, élue UMP : « je crois au geste de mettre un bulletin dans l'urne. Pour moi c'est un geste important et vital dans notre société »
  • Daniel Nouaille : « oui mais là ce que vous proposez c'est l'anarchie ! Plus d'élus, tout le monde est chef et chacun se mêle de n'importe quoi ! »
  • un élu semblait un peu perdu, le regard fuyant, dépassé en prenant connaissance de cette question et surtout de la réaction de la salle.
  • Patrice Carré , l'animateur du panel et historien, était amusé par les réactions et partageait ce constat historique et social.

Apparemment j'ai touché un point sensible : le rôle et la porté de l'élu. Je l'explique entre autre par le fait que nombreux sont les élus qui ont choisi de faire carrière dans ce milieu, allant de mandat en mandat. Ils n'ont alors pas de « vrai métier » en dehors de celui d'être « élu ». D'où la peur engendrée par la remise en question de leur activité professionnelle. À mon sens, c'est là une partie du problème : être élu n'est pas un métier, et on ne peut donc pas y faire carrière. La société civile bénéficierait du renouvellement des personnes en charge de la piloter. Pour moi, quand un élu passe du siège de maire à celui de député, pour ensuite aller vers un siège de président de région, pour enfin redevenir maire, il ne s'agit pas d'un changement mais d'une relocalisation. La société ne bénéficie pas de l'apport de compétences et d'idées fraîches, et donc stagne.

Une autre partie du problème est qu'il n'y a pas de véritable statut juridique de l'élu, avec cotisation (chômage, retraite, etc) associées. Un élu qui arrive en fin de mandat se retrouve sans emploi, et ne peut donc compter que sur les particularités spécifiques prévues (identités de départ, caisse, etc) ou sur le soutien de son parti politique afin de leui procurer un autre mandat. Cette approche me déplait fortement car des groupes de personnes travaillent donc à maintenir leurs statuts, alors que leur principale activité doit être de travailler sur les tâches que leur a confié la société.

D'une façon générale, ce qui est ressorti de cette session est que les élus ne sont pas à l'aise avec les outils numériques et les pratiques sociales sur le net, ont peur et se sentent dépassés car en perte de contrôle.

Conclusion

Le bilan que je fais de cette journée de rencontres collectivités-entreprises est que les membres de la société civile sont très inégalement à l'aise avec les pratiques liées au numérique : valorisation des données, échanges sociaux de masse, gestion collective… Il y a (encore !) un gros travail d'information à faire sur l'impact du numérique dans la vie quotidienne. Si les collectivités locales ont pris en main leurs obligations légales, elles restent néanmoins en retrait pour accueillir les citoyens dans cette démarche d'ouverte et de collaboration.

Notes

[1] Heureusement, à part une Rageuse qui a interpellé une élue UMP sur les illuminations de Noël, ça s'est plutôt bien passé. Tendu car des positions surprenantes se sont révélées, mais correct.

[2] quel dommage que sur Twitter il soit aussi tête-à-claque, s'il faisait moins de communication politicienne, on découvrirait qu'il a des choses très intéressantes à dire.

samedi 10 décembre 2011

Interview pour Justine Fontaine

Dans le cadre de mes activités sur les données ouvertes à Lyon avec le PPRA, Justine Fontaine m'a interrogé pour réaliser une interview.

@article{Clauzel:2011:Zen-attitude-au-Parti-Pirate-lyonnais,
  title = {Zen attitude au Parti Pirate lyonnais},
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  author = {Clauzel, Damien and Fontaine, Justine},
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  abstract = {Gwendoline Desliens et Damien Clauzel seront les deux candidats du Parti Pirate aux législatives dans le Rhône. Comment le « PP » se prépare-t-il à l’abordage de ses élections (perdues d’avance?).}
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dimanche 20 novembre 2011

Interview pour Rue89Lyon : « Le Parti Pirate à l’abordage des législatives »

Je travaille depuis quelques mois à mettre en place ma candidature pour les élections législatives de 2012, afin de représenter le Parti Pirate. Apparemment, ça intéresse la presse. Suite à une discussion dans les commentaires d’un article du journal Rue89Lyon, nous avons été contacté pour répondre à quelques questions.

Ce texte a été rédigé par le Parti Ꝓirate Rhône-Alpes, avec la contribution éclairée de plusieurs membres du Parti Ꝓirate et de ses sympathisants. Contrairement à d'autres élus et partis politiques, nous l'avons préparé de façon entièrement transparente. Il n'est pas le résultat d'un copier-coller d'une fiche générique par une secrétaire, mais bien le fruit d'un travail spécifique réalisé par les personnes directement interrogées.

En regardant l'historique des contributions, vous pouvez voir nos hésitations, nos errements et nos reprises. Et nous en sommes fiers, car nous travaillons en toute honnêteté. C'est cela que nous appelons « faire de la politique différemment ».

Boucanier / Fort de deux députés européen, le Parti Pirate, né en janvier 2006 en Suède et implanté dans une quarantaine de pays, tente une percée dans le Rhône en présentant deux candidats aux prochaines législatives.",

@article{Clauzel:2011:Le-Parti-Pirate-a-l-abordage-des-legislatives,
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jeudi 29 septembre 2011

Positionnement sur le vote électronique

Dans le cadre de ses travaux de recherche sur les formes de démocratie en politique, Jonathan Bocquet m'a posé quelques questions sur le vote électronique, la perception que j'en ai, et comment le Parti Ꝓirate se positionne à son sujet.

tl;dr : Le vote électronique est compliqué, mais il faut y passer dès que c'est fiable.

Les outils de vote

Question : Dans quelle mesure le vote électronique est-il souhaitable et réalisable ?

Concrètement, le gros avantage du vote papier est l'accessibilité : tout le monde, même les illettrés, peuvent participer au dépouillement : il suffit de faire une croix sur un tableau chaque fois qu'on voit un dessin particulier sur le bulletin. Pour connaître le résultat, on regarde le candidat qui a le plus de croix. C'est ce qui rend le vote papier si fort : tout le monde peut voir de ses propres yeux ce qui se passe.

Le vote électronique supprime cette possibilité à cause de la dématérialisation : on est obligé de faire confiance à la machine (et donc aux informaticiens qui l'ont conçue, à ceux qui la font tourner, etc). Les procédures de vérifications sont délicates, la fraude numérique est difficile à suivre, etc. Les arguments sont connus.

Ceci dit, le vote électronique présente des avantages : rapidité de déploiement d'un vote par internet (ce qui veut dire que les citoyens doivent avoir un accès au net), coût de mise en place d'un vote très faible, rapidité et fiabilité du comptage des voix (si pas de fraude, bien sur :)…

Les machines numériques à voter, en revanche sont une aberration : elle prennent le pire des 2 approches : non seulement ça coûte cher, c'est complexe, mais en plus ça introduit le doute dans la fiabilité. À proscrire.

Donc avec les 3 systèmes (papier, machine et internet), il y a du pour et du contre; mais le contre est bloquant car un vote doit absolument être perçu comme fiable pour être accepté par les citoyens (qui voterait dans une procédure pertinemment connue pour être sciemment faussée ?)

Les chercheurs scientifiques se sont donc penché sur cette question : comment concevoir un vote numérique qui répondrait aux critères d'admissibilité tout en proposant un gain sur le vote papier actuel ? On commence à avoir des réponses, via notamment le bulletin de vote à coupon détachable[1].

Pour un vote entièrement dématérialisé, des choses se font du côté du gouvernement via le projet d'identité numérique, IdéNum[2]. On commence à avoir un certain retour d'expérience avec des travaux réalisés dans le cadre des impôts et de la santé, au niveau du couplage de la garanti de l'identité et l'anonymisation des données tout en les traçant.

Mais au final, même si je suis convaincu qu'on disposera de méthodes et d'outils pour réaliser des votes entièrement numériques (ce qui serait Bien à mon sens), ça sera un problème politique et même de société : veut-on d'un vote qui ne soit pas papier ?

Les outils de vote au sein du Parti Ꝓirate

Question : Est-ce que certaines décisions du PP ont déjà été prises électroniquement ? via un sondage forum formalisé ou non formalisé ? autre ?

Au niveau du PꝒ, pas de position officielle car c'est le bordel : des gens sont paranoïaques sur tout ce qui touche à l'identité sur le net, et d'autres veulent plus d'ouverture, donc pas moyen de trancher en l'état. D'où l'intérêt des cellules locales qui permettent de forger des convictions propres à des groupes de personnes, qui peuvent même aller à l'encontre (dans une certaine mesure) de la politique générale du PꝒ.

De très nombreux votes mineurs informels sont toutefois réalisés de façon électronique : choix du design de la carte de membre, de version d'une affiche, de formulation de phrase dans une publication, choix de date de réunion, etc.

Habituellement, ça se fait sur les forums (qui sont un des outils de travail du PꝒ), mais ça se fait aussi par Doodle ou Pollen. Ça dépend le public ciblé, et le type de vote qu'on veut.

Pour les votes majeurs, on est contraints (et encadrés) par les statuts de l'association (et maintenant de la législation des partis politiques).

La démocratie liquide

Question : J'ai vu aussi que le PP expérimente un outil de démocratie liquide, tu peux m'en dire plus ?

C'est un type de prise de décision basé sur la fluidité des voix des votants. En gros, pour chaque vote, tu peux déléguer ta voix à n'importe quel autre votant pour qu'il s'exprime à ta place (tu n'as pas le temps, tu fais confiance à son jugement pour qu'il fasse bon usage de ta voix, etc). À tout moment, tu peux reprendre ta voix et la confier à quelqu'un d'autre, ou l'utiliser directement. Un votant peut être dépositaire d'un nombre quelconque de voix d'autres votants, et peut également transmettre à une autre personne les voix qui lui ont été confiées. Bien sur, chaque votant à moyen de connaître exactement qui détient sa voix à un moment donné. Au moment du vote, on fige les voix exprimées et on regarde les scores.

Le principe est donc que chacun peut représenter d'autres personnes, grave à un mécanisme « liquide » (transitif, réversible et accumulable).

Cela est sensé permettre une démocratie plus directe que celle par représentation classique (où la voix des citoyens est capturée par leurs représentants).

Mais il y a des pendants : le populisme, la délégation systématique « par défaut » de sa voix, etc.

Les pirates allemands l'utilisent depuis un moment, dans le cadre de l'adhocratie, et le PꝒ français met ça en place.

Question : Est ce que la démocratie liquide a déjà été expérimentée en interne au PP? Si oui sur quels sujets ?

Oui, mais juste à titre de manipulation, pour voir ce que ça donnait sous la main et vérifier que ça permettait bien de faire ce qui était promis :) Une instance est en train d'être déployée sur un serveur du PꝒ, mais ça demande un peu de travail.

Fiabilité des méthodes de votes

Question : Dans quelle mesure selon toi on peut être contre les discours qui voient internet comme un danger, et à côté de ça être méfiant quand au vote électronique ? Qu'est ce qui peut expliquer une telle position ?

Tout simplement, c'est l'expérience qui nous pousse à la prudence. Les mises en place aux USA ont été catastrophiques, avec plusieurs cas de fraudes avérées sur des machines à voter, avec différents vecteurs d'attaque.

Le principal problème vient de l'opacité de ces machines à voter : le marché est attribué à un industriel qui les conçoit selon un cahier des charges, et qui garanti ensuite leur fiabilité. Problème : quand des essais indépendants sont réalisés, sans aucune aide (documentation, entretiens avec les ingénieurs, etc), on découvre que c'est bourré de défaut de conceptions. Et donc qu'il est compliqué d'accorder confiance au processus de vote.[3]

Une solution simple serait d'ouvrir les sources et plans de ces machines à voter, afin que chacun (expert ou non) puisse les examiner. Problème : les entreprises refusent en invoquant des brevets, secret de fabrication, etc. Donc les citoyens sont obligés de faire confiance à un système opaque, piloté au final par de grands industriels. Pas terrible du point de vue démocratique.

En ce sens, les machines à voter son mauvaises. On retrouve les mêmes reproches pour le vote électronique via internet : systèmes opaques sans contrôles.

Fondamentalement, je ne suis pas opposé à l'utilisation de la technologie dans le processus de vote, mais cela doit être fait Correctement.

Rapport de l'humain au vote électronique

Question : Quand tu parles de paranoïa sur tout ce qui touche à l'identité sur le net, qu'est ce que tu entends par là par rapport au vote électronique ?

L'idée qu'on pourrait connaître le vote et donc les choix politiques d'un "votant électronique"en le traçant ?

Sur internet, une personne est confrontée à plusieurs problématiques opposées et complémentaires quand il s'agit de son identité :

  1. Elle doit pouvoir prouver sans équivoque son identité, quand elle le souhaite : par exemple pour interagir avec sa banque, les administrations, exercer une activité professionnelle, etc.
  2. Elle doit pouvoir masquer son identité, quand elle le souhaite : pour exprimer une opinion sans être inquiété, pour avoir une vie privée… privée, etc.
  3. Elle doit pouvoir ne pas laisser de traces de son activité sur internet qu'elle ne souhaiterait partager. Ce point est le plus délicat à formaliser et à comprendre. Par exemple, une personne peut vouloir partager ses photos de vacances, y compris publiquement, mais ne pas souhaiter que l'on sache quand et où elle a réalisé ce partage (sa localisation dans l'espace et le temps ne regarde personne) Ou bien, une personne peut souhaiter effectuer un achat en ligne, sans que le vendeur puisse établir un profile de consommateur à partir de sa navigation sur la boutique; mais qu'il sache ce qu'elle achète ne pose pas de soucis

Le risque du ① est l'usurpation d'identité. Si le système d'identification est mal conçu ou mal utilisé, une personne peut se faire voler son identité numérique, et donc se faire vider son compte en banque, voir son vote à une élection détourné, etc. Les enjeux sont énormes, donc le principe de précaution est d'usage.

Le risque du ② est le faux sentiment d'anonymat. Si le système d'anonymat est mal conçu ou utilisé, une personne peut se faire démasquer alors quelle pensait être protégée. Ça fait aussi très mal.

Le risque du ③ est la fuite d'informations personnelles. Si le système d'anonymat est mal conçu ou mal utilisé, on a une jolie violation de la vie privée de la personne, et à son insu. Pas glop.

Le vote électronique rassemble une combinaison de ces 3 problématiques : je dois pouvoir voter en sachant que ma voix est traitée de participation fiable (elle ne peut pas être modifiée), tout en empêchant quiconque de savoir comment j'ai voté (franchement délicat, ça), tout en protégeant les modalités de mon vote — quand, comment et pourquoi j'ai voté ainsi — (faisable assez aisément). La combinaison de ces critères pèse très lourd sur la conception et la mise en œuvre, et ce sur toute la chaîne (de l'humain au dépouillement, en passant par le stockage et la vérification par des tiers).

Et comme le vote est un élément crucial de notre société, on ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi. Les industriels ADORERAIENT signer des contrats avec l'état pour vendre et entretenir des dizaines de milliers de machine à voter… avec tous les systèmes d'informations qui vont derrière. Curieusement, je suis sur que Thales ou Dassault emporteraient le marché…

Je suis franchement en faveur du vote électronique mais les risques connus sont très grands, sans parler des attaques informatiques qui auront nécessairement lieux contre le système (venant de France ou de l'étranger, d'ailleurs), donc tant qu'on ne disposera pas d'un système sur et fiable à grande échelle, je pense qu'il restera cantonné aux votes de petites ampleurs. Ils existent de nombreuses solutions qui ont fait leur preuves, mais pour diverses raisons techniques et d'usages on ne peut pas faire un passage à l'échelle de la nation.

La confiance dans le vote aléatoire

Question : En dehors du vote électronique, se pose aussi la question du "choix électronique" notamment pour les tirages au sort. Le parti pirate allemand a tiré ses candidats au sort lors des dernières élections. A grande ampleur là aussi, il faut un programme informatique, est-ce que cela ne pose pas les mêmes problèmes de confiance ?

La confiance dans l'aléatoire est également importante, mais ne pose pas de soucis.

La question de l'aléatoire en informatique est désormais correctement maîtrisée pour pouvoir surmonter les problèmes usuels. On peut donc facilement générer de l'aléatoire, à partir d'un ordinateur courant, suffisamment aléatoire pour être utilisable; voir même générer de l'aléatoire fort à partir de phénomènes physiques provenant d'appareils de mesures reliés à un ordinateur.

Une solution très simple pour générer de l'aléatoire de façon fiable, et au vu de tous, est le tirage de dés devant une webcam diffusant en direct l'événement. D'une façon purement immatérielle, on peut également s'appuyer sur des méthodes distribuées : tout le code source est ouvert, chaque participant génère un partie de l'aléatoire et c'est la combinaison des fragments qui donne le résultat final.

lundi 26 septembre 2011

Écologie des données ouvertes

Dans le cadre de mes activités avec le Parti Ꝓirate Rhône-Alpes et le Laboratoire Ouvert Lyonnais, je m'intéresse aux données ouvertes.

Un des objectifs, en plus de la transparence et du renforcement du lien citoyen ↔ administration, est de permettre la mise en place des idées sur les évolutions technologique nécessaires dans la société : accessibilité des données, libre partage des connaissances, démarche généralisée d'innovation…

Une des premières étapes fondamentales est le passage au principe des données ouvertes. C'est pour cela que je commence à travailler avec la Mairie de Lyon. Ce SVP permet d'étayer les discussions qui ont lieu.

Écologie des données ouvertes
Plus de supports visuels de présentation de Damien Clauzel

mercredi 27 juillet 2011

Engagement politique

En janvier 2008, j’ai rejoint le Parti Ꝓirate. Cette décision est un peu étrange pour moi, au vu de mon écœurement pour le comportement général de nos élus, mais j’imagine que j’ai du me résigner avec le temps… et la maturité.

Cette volonté d’engagement citoyen n’est en revanche pas nouvelle puisque je milite depuis 1995 en faveur du logiciel libre dans plusieurs structures et projets (APRIL, Debian, MacPorts, etc.) La différence est qu’ici j’ai franchi une étape supplémentaire en m’inscrivant dans une approche politique.

Lors des élections présidentielles de 2007, j’avais été sensible au discours de François Bayrou sur les questions des brevets logiciels, des droits d’auteur, de l’accès aux données publique, ainsi qu’une grande volonté de renforcer la cohésion européenne. Mais je n’ai pas rejoint le MoDem naissant car je n’appréciais pas son objectif de « porter les grands noms du parti ».

Quand à l’action syndicale, elle était de facto exclue car il n’existe pas de syndicat efficace d’informaticiens, et les grands syndicats nationaux sont très peu au fait des problèmes de nos secteurs d’activités.

Comment hacker un politicien ?

En revanche, la naissance du Parti Pirate en Suède courant 2006 m’a tout de suite attiré car il se focalisait sur des questions jusque là maltraitées par les politiques français et européens; avec en fil rouge la place de la culture et de la connaissance dans nos sociétés occidentales.

À l’époque étaient mis en place par le gouvernement différents projets qui m’inquiétaient : collecte systématique de l’ADN des citoyens par la police, surveillance intrusive des télécommunications et d’internet, criminalisation de pratiques socialement établies… Sale temps pour la jeunesse. Sans compté la destruction des services publiques (y compris ceux ayant un budget bénéficiaire !) au nom de raisons idéologiques (et de copinages industriels…). Donc, plutôt que de continuer à lutter (vainement ?) par les habituelles méthodes associatives, j’ai décidé de me lancer dans le Grand Jeu et de rejoindre un parti politique pour agir de l’intérieur: le Parti Ꝓirate.

Étant à ce moment sur Lyon, j’ai eu envie d’explorer ce que pouvait être une action politique locale pour un parti politique international et dématérialisé. J’ai donc mis en place la CRAPꝒ, le premier groupe régional du Parti Ꝓirate, et qui plus est ancré sur le terrain.. Le succès fut immédiat et notre engouement nous a permis de nous faire immédiatement connaître, et reconnaître, par la presse et les élus locaux.

Aujourd’hui, je ne regrette pas cette décision de me « politiser »; j’ai élargi mon horizon, ai été amené a rencontrer de nombreuses personnes intéressantes avec lesquelles je ne suis pas toujours d’accord, et j’ai surtout la sensation d’avoir été utile au travers de mes actions.

Je cerne mieux désormais les problèmes qui minent la question du numérique en France et en Europe : la trop grande proximité entre les élus et les dirigeants de grands groupes industriels, la volonté de résultats à court terme pour servir des intérêts électoraux, ou encore le dogmatisme idéologique en dépit de la réalité du quotidien.

dimanche 10 juillet 2011

Interview pour le magazine Acteurs de l'économie

Dans le cadre de mon activité en Rhône-Alpes, j'ai accordé une interview au magazine Acteurs de l'économie[1]. L'idée est de mettre en valeur les cent personnes qui vont compter demain en Rhône-Alpes.

Oui, je suis en couverture.

Acteurs de l’économie – n°100 – Couverture

Et en portrait, aussi :)

Acteurs de l’économie – n°100 – Les 100 qui feront Rhône-Alpes – En couverture

Je parle de mon activité de recherche, du Libre, du Parti Pirate Rhône-Alpes, du Laboratoire Ouvert Lyonnais, et de plongée !

Acteurs de l’économie – n°100 – Les 100 qui feront Rhône-Alpes – Damien Clauzel
@article{Clauzel:2011:Informatique-et-liberte,
  title = {Damien Clauzel — Informatique et liberté},
  journal = {Acteurs de l'économie},
  year = {2011},
  month = jul,
  volume = {100},
  pages = {36-37},
  url = {https://damien.clauzel.eu/post/2011/07/10/Interview-pour-le-magazine-Acteurs-de-l-économie},
  author = {Clauzel, Damien and Dupré la Tour, Diane},
  keywords = {article, Lyon, Acteurs de l'économie, Libre, Parti Pirate, politique, presse, Rhône-Alpes, Laboratoire Ouvert Lyonnais},
  language = {french},
  abstract = {33 ans, chercheur en informatique, consultant, représentant du Parti Pirate en Rhône-Alpes}
}

Note

[1] Acteurs de l'économie, numéro 100, juillet 2011, pages 36-37

samedi 7 mai 2011

Positionnement sur la nature et le statut de l'adresse IP

En lien avec mon positionnement sur la vie privée, je prend aussi position sur la nature et le statut de l'adresse IP.

Rappel sur l'IP

Une adresse IP est une série de chiffres et de lettres qui permet de contacter un dispositif informatique au travers d'un réseau, via une méthode de communication spécifique (protocole IP). Ainsi, tous les ordinateurs connectés à internet ne sont pas obligatoirement désignés par une adresse IP; ils le sont en revanche dans l'immense majorité des cas, mais pas de façon unique : un ordinateur a souvent plusieurs adresses IP qui permettent de le joindre et ces adresses peuvent changer [1].

Ce que (ne) dit (pas) la loi

Juridiquement, le statut de l'adresse IP est incertain : tantôt un juge la traite d'un manière, tantôt un autre la classe différemment. D'où un flou qui n'arrange personne en cas de dépôt de plainte [2].

Ainsi, pour la justice l'adresse IP est actuellement :

  • soit une donnée purement technique qui ne porte pas de valeur particulière et sert uniquement à l'interconnexion des équipements;
  • soit une information nominative qui permet d'identifier une personne derrière un ordinateur;
  • soit quelque chose entre les deux, une sorte de données technique qui peut devenir une fiche d'identité au travers d'un traitement adapté et en liaison avec d'autres données.

En résumé : il y a donc une grande incertitude sur le statut de l'adresse IP en France, ce qui ouvre la porte à toutes sortes de problèmes, mais aussi à des possibilités d'utilisation.

Networking 101 Networking 101

La question de savoir si l'adresse IP permet d'identifier (ou non !) la ou les personnes qui ont utilisé un ordinateur ordinateur est critique, car elle permet le traitement judiciaire : seule l'autorité légitime pour poursuivre l'enquête (police ou gendarmerie) pour obtenir du fournisseur d’accès l'identité de l'utilisateur

En effet, l'adresse IP est une série de chiffres et de lettres qui ne constitue en rien une donnée indirectement nominative relative à la personne dans la mesure où elle ne se rapporte qu'à une machine, et non à l'individu qui utilise l'ordinateur pour se livrer à une activité.

On a donc bien une différence entre l'identification d'une machine, et l'identification d'un humain. La mise en relation n'est pas automatique et doit être prouvée.

Lorsqu'on lis le Décret n°2011-219 du 25 février 2011 « relatif à la conservation et à la communication des données permettant d'identifier toute personne ayant contribué à la création d'un contenu mis en ligne », ce n'est pas plus clair pour autant : si les particuliers, associations et autres n'ont pas le statut juridique de « fournisseur d'accès à internet » (qui est soumis à une autorisation de l'ARCEP), ils n'ont pas non plus nécessairement le statut juridique d' « hébergeur » (les critères sont bordéliques). La loi n'apporte donc pas réponse aux questions posées.

Je comprend la loi comme disant entre les lignes que l'IP n'est pas juridiquement classée comme une donnée d'identification nominative, et n'est donc pas pas soumise à un encadrement spécifique pour les particuliers et associations.

Les logs, en pratique

Dans le cadre des services informatiques sur internet, il est habituel que ceux-ci conservent des enregistrements sur leurs activités et les dispositifs avec lesquels ils interagissent : ce sont les « logs ».

Techniquement, un log est juste une trace numérique que l'on défini comme on veut. Il n'y a donc pas un seul format de log, mais une multitude ayant des natures et contenus différents. Un même service peut conserver des enregistrements des interactions homme-machine et machine-machine sous plusieurs formes plus ou moins explicites. Pour parler de log, il faut donc bien le préciser.

Person Network Person Network

Le mot log ne doit pas être tabou de la discussion sur la vie privée en le classant immédiatement comme pratique intrusive; il est indispensable au bon fonctionnement du net, car le log constitue la mémoire de travail des services. Sans log, toute l'informatique navigue à vue.

Dans le cadre d'un log d'apache au format combiné, je comprend que le log est anonyme, vis à vis de la loi, car l'adresse IP n'est pas une donnée qui permet à elle seule d'identifier un individu.

Ce qui me laisse perplexe, c'est la double valeur que des gens prêtent à une adresse IP. Je constate les deux discours suivants :

  1. Dans les transferts par BitTorrent, on ne peut pas identifier l'utilisateur car une IP n'est pas une personne, c'est une simple information technique pour faire circuler les données; elle peut être falsifiée, détournée, contrefaite…
  2. Dans les logs de services web (ou autres tels que le courriel), on peut identifier l'utilisateur par son adresse IP, car c'est une information nominative.

D'où ma remarque : il faut être cohérent et se poser les questions suivantes :

  • supposément, qu'est-ce qui oblige à anonymer les logs d'un serveur web ?
  • supposément, qu'est-ce qui interdit de publier les logs, anonymés ou non, d'un serveur web ?
  • un particulier ou une association mettant en ligne un site web non-participatif (c'est à dire que les visiteurs ne peuvent pas contribuer à son contenu) sont-ils des « hébergeurs » au sens de la loi ?
  • quels sont les critères qui permettent de qualifier une donnée comme étant nominative ou qui permette de réaliser l'identification d'une personne ?

Réflexion dans le cadre du Parti Ꝓirate

Le Parti Ꝓirate (PꝒ) a pris position sur le fait que l'adresse IP n'est pas une donnée nominative qui permet d'identifier la personne qui télécharge via BitTorrent. Il me semble donc logique de conclure que l'adresse IP n'est pas, pour le Parti Ꝓirate, une donnée nominative qui permet d'identifier une personne se connectant à un service web.

Le fait est que, pour qu'il y ait publication, il faut auparavant qu'il y ait collecte.

Prenons le cas du PꝒ qui, très probablement (on va dire que oui si ce n'est pas le cas) conserve un log des transactions sur son serveur web.

Est-ce que je peux demander au PꝒ de consulter et supprimer de ce log toutes les informations personnelles qui me concerne ? Bien sur, c'est ce que la loi liberté et informatique de 1978 me garanti. En revanche, le PꝒ va très certainement me répondre « on veut bien, mais on ne peut pas : on n'a pas de données personnelles sur toi ».

Qu'à cela ne tienne, je demande alors au PꝒ de me dire tout ce qui concerne l'adresse IP de mon ordinateur (par exemple, 82.239.197.205). Et là, le PꝒ me répond « heu, qu'est-ce qui me prouve que c'est bien toi derrière cet ordinateur, et pas quelqu'un d'autre ? Et même si c'est le cas, vous n'êtes pas plusieurs dans ton foyer à utiliser cet ordinateur ? ». Godferdom ! Est-ce que le PꝒ refuserait de se plier à la loi ? Non, il ne fait que l'appliquer strictement, car la loi ne l'oblige pas de communiquer tout ou une parti des log de son serveur web.

Si la collecte d'adresse IP est obligatoire à différents niveaux pour plusieurs raisons, la publication de log anonyme de serveur web est donc bien un choix que l'on peut faire, ou pas.

Conclusion

À mon sens, cette mise à disposition d'informations est neutre sur l'usage : un individu peut s'en servir pour faire de la recherche scientifique (ce qui est légal), pour assurer de façon neutre le bon fonctionnement des systèmes informatique (c'est souhaitable), mais pas pour espionner une personne (c'est illégal). Le PꝒ n'endosse pas ici le rôle du législateur qui fait la loi, du juge qui l'arbitre, ou du policier qui la fait appliquer. Il se borne à faire ce qu'il veut, dans le cadre de cette loi.

De la même façon qu'on n'interdit pas la vente des couteaux en supermarché sous prétexte que quelqu'un pourrait faire quelque chose de mal avec, il ne faut pas, à mon sens, interdire a priori le partage des données sous prétexte que cela peut être dangereux.

T3 - L'anonymat T3 - L'anonymat

L'argument le plus courant pour refuser le partage des logs d'un serveur web est le droit à l'anonymat. L'adresse IP pouvant être utilisée (au même titre qu'un numéro de téléphone, une plaque d'immatriculation, etc) pour réaliser l'identification une personne, il faut alors la protéger. Je ne suis pas entièrement de cet avis.

S'il était vrai il y a encore dix ans qu'une adresse IP permettait de faire le lien entre une personne et un ordinateur d'une façon très fiable, ce n'est plus le cas de nos jours. Les pratiques (roaming, réseaux ouverts…) et technologies (NAT, IPv6, VPN) ont évoluées suffisamment pour aboutir à un découplage toujours croissant entre l'adresse IP (qui pointe vers un dispositif technique) et une personne se trouvant en bout de la chaîne de communication.

Il me semble dangereux de statuer sur la valeur nominative de l'adresse IP : cela entraîne des fausses identifications et donc des accusations portées à tord, et bride l'innovation en contraignant fortement la collecte et le travail sur des données. L'objectif final étant ici de forcer l'anonymat sur internet, je ne pense pas que ça soit la bonne méthode.

De plus, l'anonymat doit être un choix, garanti par la loi, et non une obligation. Prendre position en faveur d'un anonymat forcé, c'est pour moi vouloir maintenir une conception citadine de la vie privée datant des années 80. Les populations ont changées, les outils et les pratiques aussi, il ne faut donc pas imposer une stagnation législative qui empêche l'accompagnement de la vie.

À lire aussi

Notes

[1] cas de l'IPv6 qui permet d'affecter plusieurs adresses à la même interface

[2] CF les commentaires de Nicolas Herzog et la fiche Jurispédia sur l'adresse IP

vendredi 25 février 2011

Interview pour le jounal Lyon Capitale

Dans le cadre de mon activité au sein du Parti Ꝓirate Rhône-Alpes, j'ai accordé une interview au journal Lyon Capitale[1] à propos de notre activité politique.

« Après Ben Ali et Moubarak, le Parti Pirate part à l'assaut des cantonales », ce n'est pas nous qui le disons, mais la presse.

Après Ben Ali et Moubarak, le Parti Pirate part à l'assaut des cantonales

Voir en grand pour lecture

@article{Clauzel:2011:Apres-Ben-Ali-et-Moubarak-le-Parti-Pirate-part-a-l-assaut-des-cantonales,
  title = {Après Ben Ali et Moubarak, le Parti Pirate part à l'assaut des cantonales},
  journal = {Lyon Capitale},
  year = {2011},
  month = feb,
  day = 25,
  volume = {698},
  pages = {24-25},
  url = {https://Damien.Clauzel.eu/post/2011/02/25/Interview-pour-le-jounal-Lyon-Capitale},
  author = {Deligia, Florent},
  keywords = {article, culture, Lyon, Lyon Capitale, Parti Pirate, politique, positionnement, presse, Rhône-Alpes, Tunisie, Villeurbanne, élection},
  language = {french},
  abstract = {Hacking. Les événements récents ont montré l'importance d'Internet dans les revendications démocratiques. Face à la censure, des hackeurs du monde entier ont choisi d'aider la Tunisie et l'Égypte à franchir ce cap. Parmi eux, des Lyonnais qui ont décidé de ne pas en rester là.}
}

jeudi 24 février 2011

Interview radio pour le jounal Lyon Capitale

Dans le cadre de mon activité au sein du Parti Ꝓirate Rhône-Alpes, j'ai accordé une interview au journal Lyon Capitale à propos du projet de candidature aux élections cantonales.

Vous êtes tous geek avec le Parti Pirate: "ni de droite, ni de gauche, mais devant !"

Vous êtes tous geek reçoit Damien Clauzel et Bastien Arnette membres du Parti Pirate Rhône-Alpes qui présentent une candidature aux prochaines élections cantonales dans le canton de Villeurbanne centre. Au micro de Lyon Capitale, ils nous parlent de leurs ambitions politiques, mais aussi de leur programme et du numérique en France. Par ailleurs, ils invitent le leader des jeunes pop, Benjamin Lancar, à accepter d'aller boire un café avec le président du Parti Pirate français.

Benjamin a accepté l'invitation ;)

Un entretien à écouter et/ou à télécharger.

@article{Clauzel:2011:Vous-etes-tous-geek-avec-le-Parti-Pirate-ni-de-droite-ni-de-gauche-mais-devant,
  title = {Vous êtes tous geek avec le Parti Pirate: « ni de droite, ni de gauche, mais devant ! »},
  journal = {Lyon Capitale},
  year = {2011},
  month = feb,
  day = 24,
  url = {https://Damien.Clauzel.eu/post/2011/02/24/Interview-radio-pour-le-jounal-Lyon-Capitale},
  author = {Arnette, Bastien and Clauzel, Damien and Deligia, Florent},
  keywords = {article, culture, Lyon, Lyon Capitale, partage, Parti Pirate, politique, positionnement, presse, Rhône-Alpes, veille culturelle, vidéosurveillance, Villeurbanne, élection},
  language = {french},
  abstract = {Vous êtes tous geek reçoit Damien Clauzel et Bastien Arnette membres du Parti Pirate Rhône-Alpes qui présentent une candidature aux prochaines élections cantonales dans le canton de Villeurbanne centre. Au micro de Lyon Capitale, ils nous parlent de leurs ambitions politiques, mais aussi de leur programme et du numérique en France. Par ailleurs, ils invitent le leader des jeunes pop, Benjamin Lancar, à accepter d'aller boire un café avec le président du Parti Pirate français.}
}

lundi 27 décembre 2010

Interview sur Google Street View

Dans le cadre de mon activité au sein du Parti Ꝓirate Rhône-Alpes, j'ai accordé une interview au webzine urbain Free-Landz à propos de l'inclusion de Lyon dans Google Street View.

Google aura bientôt numérisé toutes les grandes villes du monde. Big Brother is watching you?

L'article en ligne comporte une partie multimédia que je reprend ici.

@article{Clauzel:2010:Google-Street-View,
  title = {Google Street View},
  journal = {Free-Landz},
  year = {2010},
  month = dec,
  day = 27,
  url = {https://Damien.Clauzel.eu/post/2010/12/27/Interview-sur-Google-Street-View},
  author = {Clauzel, Damien and Ortega, Sylvain},
  keywords = {article, culture, Free-Landz, Google, Lyon, partage, Parti Pirate, politique, positionnement, presse, vidéosurveillance, Villeurbanne},
  language = {french},
  note = {montage multimédia sur https://www.youtube.com/watch?v=VBjO2-rnm2Y},
  abstract = {Google aura bientôt numérisé toutes les grandes villes du monde. Big Brother is watching you?}
}

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