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jeudi 27 février 2014

La guerre de la CNIL contre l'ouverture des données publiques : le cas des bans de mariage

Au nom de la protection de la vie privée, la CNIL s'est engagée depuis plusieurs années dans une lutte contre de nombreuses initiatives pour rapprocher les citoyens des données les décrivant. Le cas de la publication des bans de mariage est emblématique.

Ainsi, nous devons jongler entre les situations suivantes :

Célébrer un mariage en mairie, dans une salle ouverte au public : obligatoire (source: note de la Direction de l'information légale et administrative)

Le mariage doit être célébré à la mairie, dans une salle ouverte au public.

L’événement est public, afin que chacun puisse le constater s’il le souhaite.

Publier dans la presse l’information sur le mariage de 2 personnes : pas interdit (source: ouvrez un journal)

Il n’est nullement interdit de publier le récit d’un mariage civil. Les journaux dans les campagnes en sont remplis.

Publier un ban de mariage en mairie : obligatoire (source: article 63 du Code civil)

La raison est que les citoyens puissent prendre connaissance du prochain mariage, afin d'éventuellement s’y opposer (article 66 du Code civil)

Avant la célébration du mariage, l'officier de l'état civil fera une publication par voie d'affiche apposée à la porte de la maison commune. Cette publication énoncera les prénoms, noms, professions, domiciles et résidences des futurs époux, ainsi que le lieu où le mariage devra être célébré.

Récupérer en mairie les extraits d’actes de naissance, de mariage, de divorce, et de décès, d’une personne quelconque : autorisé (source: article 10 du décret n°62-921 du 3 août 1962)

Les dépositaires des registres seront tenus de délivrer à tout requérant des extraits des actes de naissance et de mariage.

Les extraits d'acte de naissance indiqueront, sans autres renseignements, l'année, le jour, l'heure et le lieu de naissance, le sexe, les prénoms et le nom de l'enfant tels qu'ils résulteront des énonciations de l'acte de naissance ou des mentions portées en marge de cet acte. En outre, ils reproduiront éventuellement les mentions de mariage, de divorce, de séparation de corps, de conclusion, modification ou dissolution de pacte civil de solidarité, de décès et de décisions judiciaires relatives à la capacité de l'intéressé. Les mentions relatives à la nationalité française qui auront été portées en marge de l'acte de naissance ne seront reproduites sur l'extrait d'acte de naissance que dans les conditions prévues à l'article 28-1 du code civil.

Les extraits d'acte de mariage indiqueront, sans autres renseignements, l'année et le jour du mariage, ainsi que les noms et prénoms, dates et lieux de naissance des époux, tels qu'ils résulteront des énonciations de l'acte de mariage ou des mentions portées en marge de cet acte. En outre, ils reproduiront les énonciations et mentions relatives au régime matrimonial ainsi que mentions de divorce et de séparation de corps.

Publier sur internet le ban de mariage : interdit par la CNIL. La CNIL considère qu’il s’agit d’une violation de la vie privée, et donne des consignes aux collectivités locales.

WTF ⁈¿ Il est donc obligatoire de communiquer une information légale sur un panneau, il est autorisé de la communiquer dans un journal, les administrations sont tenues de la communiquer aux demandeurs, mais la CNIL interdit de la communiquer numériquement, alors que la loi ne le mentionne pas.

Heureusement, le Sénat — parmi d’autres — travaille à lever les contradictions et à expliciter la possibilité de publier numériquement les informations de facto déjà publiques.

S'agissant des mariages, votre rapporteur a longuement examiné la question de la pertinence du délai fixé par le texte. Pourquoi faudrait-il attendre cinquante ans pour pouvoir consulter un acte de mariage, alors que tout ce qui est inscrit dans cet acte est lu à haute voix le jour du mariage et que la loi impose la publication des bans et l'ouverture des portes de la salle des mariages pour que quiconque puisse assister à la célébration ?

Mais la lutte pour l’ouverture des données publiques, et leur réutilisation, est loin d’être acquise.

mardi 14 mai 2013

Trouve-moi un Vélo'v et autres développements autour des données ouvertes à Lyon

Avec plusieurs personnes d'OpenData69, je travaille autour des données publiques ou ouvertes dans le Rhône, et plus particulièrement à Lyon. Dans nos réalisations techniques, nous proposons — entre autre — différents démonstrateurs utilisant plusieurs jeux de données, dont ceux du Grand Lyon et des Vélo'v lyonnais de JCDecaux.

Ainsi, Emmanuel Scotto a réalisé un démonstrateur utilisant les données ouvertes du Grand Lyon ; sources.

Personnellement, je m'intéresse surtout aux vélos en libre service (en attendant les données des TCL…) avec un démonstrateur utilisant les données des Vélo'v de JCDecaux[1] ; sources.

Accueil démonstrateur vélov

Résultat démonstrateur vélov

Pour la suite, nous avons en tête différents outils pour permettre aux lyonnais de mieux utiliser leurs vélo'v :

  • des statistiques d'utilisations des stations : quelles sont les stations les moins/plus utilisées, à quelles périodes, etc. ;
  • des études sur les déplacements urbains : variation de l'utilisation des vélos selon la date (weekend, jour férié, vacances), la météo, les événements (rencontres sportives, concerts, etc.) ;
  • des prédictions de disponibilité/remplissage des stations : détection de motifs d'usages, et projections.

Ces travaux dépendent naturellement des API sur lesquelles nous pouvons nous appuyer, et donc de la volonté d'ouverture des administrations, des collectivités territoriales, et des entreprises.

Note

[1] sur IPv6, naturellement :)

jeudi 27 septembre 2012

Compte-rendu de la Conférence OpenData

J'étais invité à participer à La conférence OpenData, organisée au Ministère de l’Économie et des Finances, Paris Bercy. L'objectif était de rassembler différentes acteurs qui pensent, conçoivent et réalisent les données ouvertes en France, en apportant l'éclairage de ce qui se fait ailleurs dans le monde.

Logo Conférence OpenData

L’Open Data : fer de lance de la réforme de l’État ?

Gilles Babinet

  • but de l’intervention : poser le cadre des données ouvertes dans l’état
  • toujours des réticents des administrations
  • administrations impuissantes face aux demandes des citoyennes et aux exigences complexes de la loi
  • besoin des données ouvertes pour informer les citoyens sur le statut des administrations (taille des listes d’attente, etc.)
  • des administrations bloquent l’ouverture des données pour des raisons inconnues, ou pour limiter leur charge de travail
    • la CNAM interdit la reprise des données depuis ameli.fr
    • Pole Emploi refuse d’ouvrir la base de ses CV
    • les écoles ne publient pas leurs évaluations
    • l’INPI vent la base de données de ses marques alors qu’ailleurs en Europe elles sont publiques
  • au final, très difficile d’avoir la transparence des administrations et des élus car il y a une absence d’informations publiées
  • il est critique de ne pas bloquer les initiatives citoyennes, même si elles ne plaisent pas aux administrations
  • la CNIL bloque les avancées par crainte de perte de contrôle de la vie privée. Il faut sortir de cette angoisse

L’Open Data offre des perspectives de co-création entre Gouvernements et Communautés

Jonathan Reichantal

  • but de l’intervention : retour d’expérience de la ville Palo Alto
  • quand les villes ouvrent leurs données, elles provoquent le changement dans le gouvernement national
  • la technologie de consommation de la donnée influe sur la façon de publier les données. À Palo Alto, 25% des connexions via des terminaux mobiles
  • importance des hackathons au niveau de la ville, avec présence et participation de venture capitalists pour créer des entreprises sur les projets intéressants
  • la ville montre aux citoyens comment elle travaille, et avec quelles données, pour susciter la participation et l’aide
  • fortes interactions entre la municipalité et l’université pour développer des outils qui répondent aux besoins de la ville (bugtracker citoyen, interfaces mobiles, etc)
  • approche start-up pour aller rapidement, essayer et améliorer : faire vite et pas cher dans une démarche émergente et pas monolithique
  • des citoyens mieux informés prennent de meilleures décisions
  • les entreprises se lancent dans l’exploitation des données avec un décalage sur leur publication; et uniquement si elles sont effectivement disponible de façon pérenne

La diplomatie digitale : les états au cœur de la révolution des données

Jeanne Holm, Jeff Kaplan

  • le but final de l’opendata n’est pas de publier des données mais de les exploiter. Il est critique pour les administrations de construire, stimuler et alimenter les communautés de réutilisateurs
  • aider l’ensemble des nations à se mettre aux données ouvertes via la réutilisation d’une plate-forme libre d’OpenGov.
  • forte différence culturelle entre les États-Unis d’Amérique et la France : la France voit en premier les risques, là où les USA voient en premier les opportunités d’innovations et de business
  • travailler pour inciter les citoyens à s’engager dans les projets de données ouvertes : animations sur les réseaux sociaux, organisation d’ateliers, présentation de démonstrateurs, etc. Montrer que l’administration est impliquée → évangélisme
  • éviter absolument de se positionner dans une approche de retour sur investissement pour les données publiques
  • privilégier une fédération organisée de plate-formes de publication de données plutôt qu’un gros portail unique. Mais à moduler selon la situation des pays
Example de bugtracker citoyen : la ville de Chicago

Open Data 2.0 : la valorisation des données avant tout

Philippe Reynaud

  • difficulté aujourd’hui de libérer la valeur des données ouvertes pour la création de richesse et de citoyenneté → fossé entre les attentes et la réalité
  • enjeu fort de la pertinence et de la qualité des données pour réaliser la création de richesse.
  • la démarche de l’offre est insuffisante, il y a une nécessité d’amorcer le marché des entreprise
  • aller vers la publication des données plus riches et complexes : données dynamiques, temps réel, non-structurées, préalablement traitées, etc (par exemple : les capteurs publics)
  • ne pas juste proposer des données mais aussi proposer des services
  • privilégier la publication des données ouvertes centrées sur la réutilisation à forte valeur ajoutée

Open Data : enjeux et perspectives des nouvelles diplomaties digitales

Joa Holanda, Amparo Ballivian

  • à l’étranger, on se demande pourquoi la RATP refuse de publier ouvertement les horaires de ses transports
  • retour d’expérience sur l’ouverture des données publiques au Brésil :
    • problème au niveau local car les données exposent la corruption : danger pour les personnes
    • publication des salaires de tous les fonctionnaires
    • l’opendata n’est pas une solution aux problèmes mais une des approches de résolution
  • les citoyens sont très peu concernés directement par les données publiques, mais bénéficient grandement des réutilisations qui en sont faites
  • dans les pays en voie de développement, il faut s’appuyer davantage sur le téléphone mobile que sur internet : très forte couverture télécom, mais internet est lent et éradique. Ça change la réalisation de l’ouverture des données

How it all began and where it is going…

Nigel Shadbolt

  • au début, publication scientifique d’un journal contenant toutes les données liées à un code postal. C’était une démarche illégale en UK en 2009
  • les données ouvertes sont comme le web : pour tout le monde
  • Open : licences, standards, data, participation, source. Tout doit être ouvert
  • la publication des données publiques met une pression sociale sur les administrations les moins efficaces
  • présentation de quelques publications de données publiques anglaises, et pourquoi elles sont importantes : obésité, météo, criminalité, budgets…
  • un des enjeux est la capacité à lier les différents jeux de données (ce que la CNIL en France redoute par dessus tout)

Comment l’Open Data responsabilise-t-elle l’administration face aux citoyens ?

Agnès Verdier-Molinie, Kevin Hauswirth, George-Étienne Faure

  • la ville de Chicago fait énormément d’efforts pour impliquer et stimuler les communautés locales afin de susciter la réutilisation des données publiques
  • les citoyens ne peuvent pas faire seuls le travail d’épluchage des données : il faut le soutien des administrations, de la presse, etc.
  • grâce aux données ouvertes, l’iFRAP a mis en évidence en Île de France des associations qui recevaient des subventions publiques sans publier au Journal Officiel leurs comptes, conformément à la loi
  • en France, il faut réaliser des investissements pour le développement des écosystèmes sur les données ouvertes. Et ça ne doit pas être que le rôle du gouvernement
  • en France, le cas de la CNAM qui s’oppose à la réutilisation des données publiées sur Ameli. un des exemples où une administration torpille une start-up qui réalise un usage innovant des données publiques
  • en France, toutes les institutions ne sont pas obligées de publier leurs informations. Il faut songer à étendre la loi de 1978 ?
  • Chicago : deux millions de connexions par an sur le bugtracker citoyen pour s’informer de suivre la résolution des problèmes

L’Europe en avant-garde du mouvement

Thibaut Kleiner

  • l’Europe a un rôle d’aiguillon pour inciter les états à aller plus loin dans l’opendata
  • il y a des projets au niveau du parlement européen et de la commission européenne
  • le problème et l’enjeu : comment transformer les données en une croissance économique

Technologie et tendances provenant de la Silicon Valley

Georges Nahon

  • des outils de traitement automatique de données de plus en plus performants (suggestions Amazon, etc.)
  • accélération du changement engendré par l’évolution des outils
  • le coût de création d’une start-up a énormément baissé en dix ans: aujourd’hui ça ne coûte plus grand chopes de lancer une entreprise innovante sur l’informatique
  • les réseaux sociaux ont créé des sortes de webs parallèles avec leurs propres écosystèmes économiques (applications internes sur API, etc.)
Participants à La Conférence OpenData

SNCF OpenData : Ouvrons la voie à des services innovants

Patrick Ropert

  • la SNCF est plus intéressée par les questions de mobilités que par les données
  • l’opendata est une nouvelle culture de la donnée
  • example de réutilisation : Home’n’go pour trouver un logement en fonction de critères comme le loyer et le temps de trajet maison ↔ entreprise
  • c’est le tir au pigeon sur le représentant de la SNCF : les participants à la conférence font remonter tout un tas de différents problèmes rencontrés par les gens pour accéder aux données sur les trajets de la SNCF : lignes, horaires, disponibilité, etc.

Open knowledge : Open conversations

Peter Murray-Rust, Primavera de Filippi

  • en science, privilégier les données en licence CC-0 et les textes en CC-by
  • content mining for data is a right : le droit de lire est le droit de fouiller
  • guerre ouverte entre les chercheurs et les éditeurs de publications, afin de garantir la liberté des publications scientifiques

Les applications d’après-demain

Bernard Benhamou, Daniel Dardailler, Jean-Marc Lazard

  • 65% des métiers qu’exerceront les jeunes actuels n’existent pas encore aujourd’hui
  • depuis cinq ans, montée en puissance des terminaux mobiles. mais ils ne sont pas la fin : les objets connectés sont dans le viseur
  • l’information issue des capteurs va dépasser de très loin les informations crées par les humains
  • inflexion de la donnée générique vers la donnée personnelle
  • les premières demandes des citoyens concernent des données géolocalisées
  • allers vers plus de rigueur dans la manipulation des données : validation, certification d’authenticité (signature cryptographique), métadonnées, qualité de mise à disposition, etc.
  • importance de plus en plus grande de l’aspect temporel des données : évolution dans le temps des jeux de données
  • un enjeu critique est la capacité à évaluer la véracité des données

Résultat de l’enquête GFII-Serdalab sur les données publiques réutilisables

Marc Ribes, Louise Guerre

  • Intervention sans aucun intérêt. Pas d’information sur les personnes interrogées, la méthodologie employée, et la portée de l’étude : impossible de se faire une opinion sur l’interprétation des résultats présentés. Il n’est pas prévu de publier les données brutes de l’étude. Des chercheurs et collectifs citoyens interviennent pour critiquer ces manques, la représentante de GFII-Serdalab botte en touche. Fail.

Et si l’Open Data faisait rêver ?

Hervé Derycker

  • synthèse large et blabla sans lien avec l’opendata

Notes sur la Conférence OpenData

  • Tiens, on croise aussi des gens d’OVEI2 à la Conférence OpenData :)
  • Douze appareils bluetooth sont visibles depuis ma place, aucun avec un partage public de documents mais le tethering internet est ouvert et les appareils publient sauvagement des informations nominatives innocentes. Mais que font la CNIL et la HADOPI ? Ah oui, c’est vrai : elles s’acharnent à vouloir imposer des législations obsolètes :)
  • Yeah ! On m’a félicité pour mon « super t-shirt de geek » \o/ Il s’agit de celui d’XKCD : « Science : it works, bitches »
  • On mange bien au Ministère de l’Économie et des Finances, et les portions sont généreuses (trois merguez et une tranche de bacon, ¼ de camembert, etc.) au point que je n’ai pas réussi à finir mon plateau-repas.
  • Le Ministère est vaste, avec de grands espaces dégagés et nets. On a une impression d’ordre et de recherche de fonctionnalités. Bonus : dans les bureaux on peut apercevoir des calendriers avec des chats : ça doit être un endroit agréable pour y travailler
  • Dans la salle de conférence la 3G ne passe presque pas, le wifi est bridé sur des ports, et pas d’IPv6
  • La sécurité des lieux est assurée par les douanes qui passent tous les piétons aux détecteurs de métaux. Problème : les gens entrant en voiture ne sont pas fouillés (pas même le coffre), et il est possible de faire passer n’importe quoi au travers des grilles de l’enceinte qui entourent le Ministère. Quand j’ai fait remarquer cela aux douaniers, ils ont très mal reçus mes remarques sur la protection effectives des lieux. Le théâtre de la sécurité a encore de beaux jours devant lui.
  • la tendance du moment pour les SVP : ne plus mettre son email mais son compte Twitter
  • présence de Regard Citoyen et OpenData71
  • participants fortement internationaux, âgés principalement entre 35 et 40 ans. Bonne présence des femmes. C’est appréciable
  • présence de quelques geeks : je suis le seul en tenue classique t-shirt+barbe+cheveux longs, mais un autre est habillé en orange flou avec une casquette. WTF ?
  • les français qui insistent pour s’exprimer en en anglais sans maîtriser correctement la langue, ça gonfle tout le monde.
  • info amusante : juste à côté du Ministère de l’Économie et des Finances se trouve une agence du Pôle Emploi :)
  • des photos de la Conférence OpenData

lundi 4 juin 2012

Interview radio pour Lyon Capitale : "ACTA est mort. Comment l’évacuer proprement ?"

Dans mes activités pour le développement de l'innovation à Lyon, Je croise régulièrement Florent Deligia (le « monsieur numérique de la presse lyonnaise »). il faut dire aussi que ce sont souvent les mêmes têtes qui reviennent quand il s'agit de travailler sur des projets technologiques.

Nous avons donc fait le point sur des sujets d'actualité : les données ouvertes, le Parti Pirate — national et local —, les élections législatives, municipales et européennes, et ACTA. Le résultat est une longue interview audio où j'espère ne pas avoir dit trop de bêtises[1].

Vous êtes tous geek reçoit Damien Clauzel, membre du Parti pirate, candidat aux élections législatives dans la 6e circonscription du Rhône. Au micro de Lyon Capitale, il nous explique la démarche du Parti pirate tout en détaillant le programme de ce mouvement relativement jeune. Difficultés de concilier les diverses personnalités aux seins du Parti pirate, ambitions pour les prochaines élections municipales de Lyon, ACTA ou bien encore Open Data, Damien Clauzel aborde avec nous les sujets du moment. Un entretien à écouter et/ou à télécharger.

@article{Clauzel:2012:Damien-Clauzel-du-Parti-pirate-ACTA-est-mort-Comment-l-evacuer-proprement,
  title = {Damien Clauzel du Parti pirate : "ACTA est mort. Comment l’évacuer proprement ?"},
  journal = {Lyon Capitale},
  year = {2012},
  month = jun,
  day = 4,
  url = {http://www.lyoncapitale.fr/Journal/univers/Guide/High-tech-Web-Jeux-Video/Damien-Clauzel-du-Parti-pirate-ACTA-est-mort.-Comment-l-evacuer-proprement},
  url = {https://Damien.Clauzel.eu/Publications/Documents/Politique/Lyon Capitale, 04-06-2012, Damien Clauzel du Parti pirate : ACTA est mort. Comment l’évacuer proprement ?.mp3},
  url = {https://Damien.Clauzel.eu/post/2012/06/04/Interview-radio-pour-Lyon-Capitale-:-ACTA-est-mort.-Comment-l’évacuer-proprement},
  author = {Clauzel, Damien and Deligia, Florent},
  keywords = {article, ACTA, Lyon, Lyon Capitale, élection, législative, municipale, européenne, données ouvertes, OpenData69, Parti Pirate, politique, presse, Villeurbanne},
  language = {french},
  abstract = {Vous êtes tous geek reçoit Damien Clauzel, membre du Parti pirate, candidat aux élections législatives dans la 6e circonscription du Rhône. Au micro de Lyon Capitale, il nous explique la démarche du Parti pirate tout en détaillant le programme de ce mouvement relativement jeune. Difficultés de concilier les diverses personnalités aux seins du Parti pirate, ambitions pour les prochaines élections municipales de Lyon, ACTA ou bien encore Open Data, Damien Clauzel aborde avec nous les sujets du moment. Un entretien à écouter et/ou à télécharger.}
}

Note

[1] En fait, je sais avoir fait un lapsus; saurez-vous le découvrir ? :)

jeudi 19 avril 2012

Participation du collectif OpenData69 à la conférence www2012, sur les données ouvertes

Le collectif OpenData69, qui travaille pour la mise en place des données ouvertes à Lyon (et plus largement dans le Rhône) avait un créneau à la conférence internationale du web www2012.

Malheureusement, j'étais bloqué en réunion de projet mais Samy Rabih a fièrement présenté le travail du collectif dans une intervention nommée « OpenData : la libération des données ».

@misc{OpenData69:2012:OpenData-la-liberation-des-donnees,
	title = "OpenData : la libération des données",
	year = "2012",
	month = apr,
	day = 19,
	url = {https://damien.clauzel.eu/post/2012/04/19/Participation-du-collectif-OpenData69-à-la-conférence-www2012,-sur-les-données-ouvertes},
	author = "Clauzel, Damien",
	keywords = "Lyon, opendata, données ouvertes, OpenData69, Rhône, www2012",
	language = {french},
	abstract = "Présentation durant la conférence www2012",
}

vendredi 16 mars 2012

Participation au Printemps de l'entreprise

J'ai été invité à intervenir durant la 8e édition du Printemps de l'entreprise à Vannes. 200 organisateurs sur 6 mois (étudiants, chefs d'entreprise, enseignants)

Participants : surtout des étudiants, quelques enseignants et une pincée d'industriels. Fait intéressant : plusieurs enseignants étaient aussi des élus locaux.

Interventions

Conférence plénière : Des données ouvertes pour l'agglomération

Les principales questions et remarques ont porté sur l'impact des données ouvertes sur la société et l'entreprise : la visibilité de ce qui était auparavant dans l'ombre (mais accessible) inquiète parfois. Exemple : publication sur internet des évaluations des enseignants par les élèves, et moyennes des promotions. Problème d'image publique de l'université dans le cadre de l'autonomie des universités (contrainte d'attractivité vis à vis des étudiants).

Une autre remarque intéressante à concerné la notion de vie privée telle qu'elle existe auprès des adolescent actuels (partage massif au sein de petites communautés fermées); comment ces jeunes travailleurs pourront être intégrés demain en entreprise, où les pratiques actuelles sont complètement différentes.

@misc{Clauzel:2012:Donnees-ouvertes-pour-agglomeration,
        title = "Des données ouvertes pour l’agglomération",
        year = "2012",
        month = mar,
        day = 16,
        url = {https://damien.clauzel.eu/post/2012/03/16/Participation-au-Printemps-de-l-entreprise},
        author = "Clauzel, Damien",
        keywords = "données ouvertes, Parti Pirate, Vannes, OpenData69",
        language = {french},
        abstract = "Introduction à discussion sur les données ouvertes locales. Présentation du domaine, de l'environnement local, des réalisations attendues",
}

Atelier : approfondissement par le concret des données ouvertes pour l'agglomération

J'ai ensuite animé un atelier portant sur le même thème, qui nous a permis d'approfondir les questions concrètes sur la mise en place des données ouvertes, avec principalement un angle social (perception réflexive des citoyens, changement de mentalité à apporter, culture de l'acceptation de l'échec, etc).

Avec un élu et des étudiants, nous avons explorer l'impact que pourrait avoir la mise en place des données ouvertes à Vannes, ainsi que dans la vie universitaire.

Le déplacement

Accueil très chaleureux des étudiants du département informatique de l'IUT de Vannes, avec accompagnement poussé. Un vrai bonheur de se faire ainsi prendre en charge après 7 heures de train.

Actuellement, le TGV 1e classe  c'est :

  • comme toujours, je suis le plus jeune et le seul en t-shirt (geek, en plus)
  • pas de prise de courant dans ce Lyon-Paris ! Vraiment très casse-pied, je suis obligé de tirer sur la batterie du portable. Ou de migrer vers le bar surchargé, car lui a des prises de courant
  • curieusement, le train est plein à craquer alors qu'on est dans le gras d'une semaine creuse. Beaucoup trop de personnes qui lisent un document identique, avec une bannière DRAFT, pour que ça soit une coïncidence ;)

Bonus

Par mégarde, je crois que j'ai provoqué la création de la 1e cellule locale en Bretagne du Parti Pirate. Même pas honte :)

Aussi, une excellente vidéo réalisée par les étudiants du DUT informatique de l'IUT de Vannes, à la façon Bref, sur la vie d'un étudiant.

jeudi 12 janvier 2012

Interview pour Rue89Lyon : « Lyon est-elle fermée à l’ouverture des données publiques ? »

Je travail que je réalise sur les données ouvertes à Lyon, au sein du groupe OpenData69, commence à porter ses fruits. La presse reprend les interrogations que nous nous posons sur la démarche du Grand Lyon.

Numérique / La mise en ligne du site opendata.gouv a donné le ton pour 2012 : les institutions publiques sont invitées à « la transparence », en mettant en ligne l’ensemble de leurs données. Des collectifs se sont créés pour faire du lobbying auprès des autorités publiques. A Lyon, on s’éveille tout juste au principe, les volontés politiques sont encore discrètes. Un groupe indépendant, opendata69, tente toutefois de faire émerger le débat autour d’enjeux locaux majeurs de l’opendata, tels que les transports en commun.

@article{Clauzel:2011:Lyon-est-elle-fermee-a-l-ouverture-des-donnees-publiques,
  title = {Lyon est-elle fermée à l’ouverture des données publiques ?},
  journal = {Rue89Lyon},
  year = {2012},
  month = jan,
  day = 12,
  url = {https://Damien.Clauzel.eu/post/2012/01/12/Interview-pour-Rue89Lyon-:-«-Lyon-est-elle-fermée-à-l’ouverture-des-données-publiques-»},
  author = {Clauzel, Damien and Daoud, Dalya and Vial, Philippe and Rabih, Samy and Vézine, Marion and Blachier, Romain},
  keywords = {article, élection, Lyon, Parti Pirate, données ouvertes, presse, Rhône-Alpes, OpenData69, Systral},
  language = {french},
  abstract = {Numérique / La mise en ligne du site opendata.gouv a donné le ton pour 2012 : les institutions publiques sont invitées à « la transparence », en mettant en ligne l’ensemble de leurs données. Des collectifs se sont créés pour faire du lobbying auprès des autorités publiques. A Lyon, on s’éveille tout juste au principe, les volontés politiques sont encore discrètes. Un groupe indépendant, opendata69, tente toutefois de faire émerger le débat autour d’enjeux locaux majeurs de l’opendata, tels que les transports en commun.}
}

dimanche 11 décembre 2011

Bilan de début de parcours sur la mise en place des données ouvertes à Lyon

Contexte

Dans le cadre de mes activités avec le Parti Ꝓirate Rhône-Alpes pour la mise en place globale des données ouvertes à Lyon, je suis amené à rencontrer de nombreux élus, gestionnaires de collectivités, et responsables d’entreprises.

Si la première étape (rassemblement de personnes au fait des problématiques et motivées pour y répondre) de la mise en place est réalisée depuis de nombreux mois, la seconde (amorçage avec quelques partenaires industriels et administrations choisis et réactifs) est fortement bloquée. Les suivantes (implications des citoyens, établissement d'un écosystème, etc.) sont quant à elles incertaines.

Je liste ici les principaux problèmes que nous rencontrons et je tente d’y répondre par des propositions.

Problèmes rencontrés

Entreprises

Les PME & PMI sont mal informées sur les données ouvertes. Bien souvent elles ne connaissent pas cette démarche ou en ont une vision incomplète.

Les entreprises expriment de nombreuses craintes sur la publication de leurs données : harcèlement de démarcheurs commerciaux, intérêt économique de réaliser cet investissement, perte de contrôle sur l'activité, etc.

Les entreprises qui assurent des missions de service public (comme les TCL) refusent d’ouvrir leurs données les plus basiques sur les services qu’elles fournissent aux citoyens, argumentant que cela ne fait pas parti de leur contrat passé avec la ville. Elles déclarent les commercialiser selon des engagements spécifiques (non-redistribution, etc.)

Administrations

Il y a une absence flagrante de responsables dans les administrations locales : la pratique des données ouvertes y est quasi inexistante ; il n'y a donc pas d’organisation. Personne ne possède l’attribution de piloter l'ouverture des données, donc personne ne prend en charge cette question ; les services se renvoient la balle en se déclarant incompétents.

Citoyens

Les citoyens qui désirent individuellement mettre en place des initiatives de données ouvertes n'ont pas accès aux données nécessaires. Les entreprises leur claquent la porte au nez, et les administrations les promènent de service en service pour finalement les ignorer.

Propositions pour soutenir le développement des données ouvertes à Lyon

Les administrations doivent être motrices de l’amorçage de l’environnement des données ouvertes. Ce ne seront ni les entreprises (par crainte) qui seront à Lyon le moteur initial des données ouvertes, ni les citoyens (tributaires des données captives).

La collecte, la diffusion et l'utilisation de données ouvertes sauvages[1] est une solution tout à fait envisageable auprès de certaines entreprises récalcitrantes qui remplissent des missions de service public. Cette approche permet de mettre directement les entreprises en face de la question des données ouvertes, et de les obliger à prendre en compte l'évolution de la société.

Dans les administrations, il est nécessaire d'attribuer visiblement la responsabilité de la mise en place et de la gestion des données ouvertes, et ce dans une approche transversale des différents services. Le point de blocage étant ici politique, il est nécessaire de le régler à ce niveau via des personnes (élus, hauts responsables…) pouvant prendre des décisions et mettre en œuvre la démarche des données ouvertes.

Note

[1] J’appelle « données ouvertes sauvages » des données légalement mises à la disposition du public, mais non destinées par leur propriétaire à être réutilisées dans un cadre plus vaste. Par exemple, il peut s'agir d'informations sur un réseau de transport public, collectées via une aspiration de site web suivi d'une extraction. De telles données sont actuellement dans le cadre gris de la loi : pas explicitement interdites, mais pas non plus encadrées. Exemple : Indian Rail Database

samedi 10 décembre 2011

Interview pour Justine Fontaine

Dans le cadre de mes activités sur les données ouvertes à Lyon avec le PPRA, Justine Fontaine m'a interrogé pour réaliser une interview.

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lundi 26 septembre 2011

Écologie des données ouvertes

Dans le cadre de mes activités avec le Parti Ꝓirate Rhône-Alpes et le Laboratoire Ouvert Lyonnais, je m'intéresse aux données ouvertes.

Un des objectifs, en plus de la transparence et du renforcement du lien citoyen ↔ administration, est de permettre la mise en place des idées sur les évolutions technologique nécessaires dans la société : accessibilité des données, libre partage des connaissances, démarche généralisée d'innovation…

Une des premières étapes fondamentales est le passage au principe des données ouvertes. C'est pour cela que je commence à travailler avec la Mairie de Lyon. Ce SVP permet d'étayer les discussions qui ont lieu.

Écologie des données ouvertes
Plus de supports visuels de présentation de Damien Clauzel

dimanche 18 septembre 2011

Pourquoi je crée mon entreprise

Oui, pourquoi au juste ?

Je m'intéresse actuellement aux Ƀitcoins; je souhaite étudier leurs usages et implications en France. Par exemple :

  • impôts et taxes : comment sont-ils classés ?
  • législation : c’est quoi, juridiquement, un Ƀitcoin ? Et un achat/vente de Ƀitcoin en France, en Europe, à l'international ?
  • utilisation quotidienne : comment on les manipule, on les échange, on les place et les emprunte…

Les questions que je me pose sont du genre : Mascotte Ƀitcoins

  • Que signifie faire un usage nominal du Ƀitcoin ?
  • Quelle est la perception du Ƀitcoin par les citoyens français ? CF les monnaies alternatives (SEL, abeille)

Je pourrais naturellement étudier ces questions du point de vue de l'individu, mais j'ai trouvé intéressant de changer mes habitudes et de regarder cela au travers du cadre professionnel. Un particulier n'est pas une association, qui elle-même n'est pas une entreprise.

Uh, Ƀitcoin ?

Le Ƀitcoin est une « monnaie » (à défaut d’un meilleur terme) décentralisée, anonyme (si utilisée correctement), sans structure de régulation.

Le statut juridique

Le gouvernement a récemment mis en place une série de lois pour faciliter l'entrepreneuriat : simplification des procédures administratives, ajustement de l'imposition par rapport à l'activité réelle, absence de cotisation sociale, etc. Ce qui était alors impossible (créer sans frais indécents une entreprise) le devient. Et du coup, cela change tout.

Le statut que j'ai retenu est celui de la micro-entreprise associé à celui d'auto-entrepreneur; avec par la suite le passage en EIRL. Ces dispositions correspondent très bien aux activités que je vais mettre en place. Ce statut me permet de ne pas payer d’impôts s’il n’y a pas de chiffre d’affaire; ce qui est le cas car Galère est une plate-forme juridique pour me permettre de tester des idées sans objectifs de gains supérieurs à 100 €.

Pirate coulé dans Astérix

Pourquoi le nom « Galère » ?

Parce qu’il permet de faire des phrases amusantes : « Le Ƀitcoin, c’est Galère ! », « L’informatique, c’est Galère ! », « La recherche, c’est Galère ! » :)

Et donc, le blog ?

En science, la démarche est aussi (si ce n'est plus) importante que le résultat, donc je vais prendre le temps de détailler les différentes démarches afin de permettre à d'autres de reprendre mon travail. Je suis adepte des données ouvertes[1] sous licence libre.

Note

[1] essayons de parler français : je ne vais pas utiliser le terme « Open Data » :)

mercredi 15 juin 2011

Compte-rendu d'ITS2011

Contexte

Du 6 au 8 juin 2011, j'ai participé au congrès international ITS2011 sur la thématique de la mobilité intelligente : les systèmes d'informations pour le transport durable des biens et des personnes en région urbaine. Pour faire simple, il s'agit d'ajouter de l'intelligence dans les transports en ville via l'informatique.

The main focus of the Congress will be "Intelligent mobility - ITS for sustainable transport of persons and goods in urban regions", paying particular attention to the following topics:
  • Co-modal urban transport management
  • Electromobility
  • From cooperative systems to integrated mobility services
  • From smart concepts to successful implementation
  • Governance and business issues
  • Information and communication: providers and users
  • ITS for adaptive and resilient cities

Le congrès était fréquenté par trois types de personnes :

  • les Décideurs Stratégiques, habillés de somptueux costumes, venus pour faire la promotion de leurs entreprises et discuter avec les élus locaux et les représentants du gouvernement;
  • les commerciaux, habillés de moins beaux costumes, étaient présents pour vendre les services de leurs entreprises;
  • les ingénieurs, habillés de chemisettes, s'occupaient de tenir les stands, d'assurer les démonstrations et de répondre aux questions.

Vous l'aurez compris, pas d'informaticiens-barbus, ni de techno-wiz en t-shirt. Les scientifiques présents, via les programmes de la commission européenne, s'étaient réfugiés dans des salles à part pour travailler. À côté des hôtesses en tailleur de chez Orange, j'ai donc régulièrement attiré l'attention. Heureusement que le stand de l'ITS France (avec sa machine à café) était plus accueillant : il servait de point de ralliement aux chercheurs.

Quelques éléments du congrès

Orange Business Services : rien d'intéressant, Orange se focalise sur son modèle économique historique : vendre de la bande-passante. Développement de petites applications pour terminaux mobiles afin d'accéder aux réseaux sociaux tout en roulant (vocalisation de statuts Facebook, reconception d'interface web, etc)

Véhicule électrique de Mia, avec instrumentation par Orange

Véhicule électrique de Mia, avec instrumentation par Orange

Renaud Truck propose des logiciels pour assister les professionnels de la route. L'idée est de croiser des outils de géolocalisation, de capture d'image et de transmission de données afin de proposer des facilités aux besoins spécifiques des chauffeurs (capture de preuve sur l'état de la cargaison, par exemple). Également, des outils de calcul d'itinéraires et de tournées adaptés aux contraintes des camions (taille, poids, manœuvrabilité, réglementation, etc).

Ailleurs, rien d'intéressant : des voitures équipées de « tableaux de bord intelligents » (comprendre : qui intègre les capteurs de recul au lieu d'avoir un écran déporté), des systèmes d'analyses vidéo pour repérer et quantifier les embouteillages, des récepteurs satellites en veux-tu en voilà couplés à des bases de données privées… En dehors de quelques prototypes industriels sympathiques (drone aérien ou simulateur de conduite), rien d'innovant mais plutôt des intégrations de technologies existantes.

La vidéosurveillance est en très forte augmentation. Les arguments avancés sont des besoins en image de points stratégiques pour la congestion des transports et la sécurité des personnes, mais en pratique rien n'empêche l'usage parallèle des images pour la surveillance des personnes.

Dispositif de vidéosurveillance urbaine

Dispositif de vidéosurveillance urbaine

Niveau recherche, l'accent était mis sur les calculs d'autonomie des véhicules électriques. En fonction de l'usage (vitesse, charge, chauffage, musique, etc) et de l'environnement (qualité asphalte, vent, température) la tension de la batterie évolue différemment. D'où des besoins en analyses et prédictions des usages. Des idées de croisement des informations (trafic, météo, etc) des opérateurs de routes avec celle de la voiture pour affiner les calculs.

Aussi, des questions d'ergonomie : il faut utiliser des grandeurs utiles (kilomètres ou minutes restants) et pas abstraites (joules, watt, etc) qui ne donneraient pas d'info « utiles ».

Ce que je retiens du congrès

Un véhicule doit forcément être électrique, les autres technologies (gaz, pétrole, etc) ne sont même pas évoqués. En discutant avec les ingénieurs, on se rend compte que tout le monde est déjà passé dans l'après-pétrole au niveau des transports. Selon les cycles de vie des technologies (par exemple, 10 ans pour les camions), les avancés sont plus ou moins visibles, mais la solution des véhicules hybrides est évacuée : l'avenir est purement électrique; conserver 2 approches est trop coûteux.

L'expression clé du congrès était « interopérabilité ». Comprendre « interopérabilité technique », c'est à dire comment on peut interconnecter différents systèmes pour les faire travailler ensemble. Par exemple, pour croiser les informations de la ville sur l'encombrement des routes, le remplissage des stations Velo'v et les bus des TCL.

L'idée est très bonne, à un détail majeur près : PERSONNE n'est motivé pour ouvrir les données de ses systèmes. Donc chacun se regarde en chien de faïence, et rien n'avance sauf en dehors de « partenariat stratégique ». L'expression « open data » revient souvent, portée comme étant LA solution, mais dès qu'il s'agit d'ouvrir ses systèmes les entreprises refusent. Le problème est que les directions commerciales n'ont aucune réelle idée sur comment valorisée les données provenant de leurs systèmes, et que les directions juridiques bloquent de peur de se prendre des procès pour avoir exporter des données personnelles.

Drone radiocommandé de vidéosurveillance

Drone radiocommandé de vidéosurveillance

Le libre n'est jamais spontanément évoqué dans les discussions, en partie à cause du fait que les dirigeants ne sont pas au courant de ce genre d'approche. En revanche, les ingénieurs sont très intéressés (et même impliqués), le problème étant les politiques des entreprises qui bloquent sur les évolutions du droit d'auteur. De nombreuses réalisations présentées durant le congrès s'appuient sur le libre (serveurs, techno, etc) mais cela n'est jamais évoqué; un démonstrateur (commercial) a même eu l'air gêné quand j'ai posé la question à son « expert technique ». Il faut croire que c'est mal vu dans le domaine du transport.

La cérémonie d'ouverture était aussi longue qu'ennuyeuse, encombrée par des discours d'hommes politiques (oui, pas de femmes dans le transport) qui sont repartis aussitôt après être intervenus. Gérard Colomb et Jean-Jack Queyranne aiment bien mettre en valeur ce qu'ils disent faire en matière de transport, mais acceptent rarement d'en débattre avec des citoyens et des chercheurs; on se demande pourquoi… Ah si, je sais en fait : les TCL sont exécrable en matière de transport en commun, et personne n'ose faire quoi que ce soit. Sans parler de l'absence de réflexion sur les infrastructures de transport dans le projet du Grand Stade lyonnais.

Le buffet qui a suivi la cérémonie d'ouverture était quelconque : champagne bas de gamme pas assez frais, jus de fruits reconstitués, et petits-fours tellement gras qu'ils luisaient de mille feux sous les lumières. Heureusement que les canapés à la sauce de Roquefort ont sauvé les meubles.

Bonus

Mes photos sont sur Flickr.

Vidéo improvisée d'interludes artistiques durant la cérémonie d'ouverture. WTF ?! Première fois que je vois cela à un congrès technologique.